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	<title>Réalités Hypnotiques &#187; Jean Dupré</title>
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	<description>Le Magazine de l&#039;Hypnose et des Neurosciences</description>
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		<title>Rassurer l’enfant intérieur</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Apr 2013 10:16:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Jean Dupré]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Accompagnement et Thérapie]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[enfant intérieur]]></category>

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		<description><![CDATA[Quel est exactement le rôle d’un hypnotiseur ? Hypnotiser la personne venue le consulter ? Ou bien plutôt, lui montrer comment se dés-hypnotiser des transes de l’enfance ? Bien souvent, lorsque je reçois en consultation une personne venue pour dépasser une problématique ancienne, il s’avère que ce que la personne perçoit comme une problématique peut aussi être considérée [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h3><b>Quel est exactement le rôle d’un hypnotiseur ? Hypnotiser la personne venue le consulter ? Ou bien plutôt, lui montrer comment se dés-hypnotiser des transes de l’enfance ?</b></h3>
<p>Bien souvent, lorsque je reçois en consultation une personne venue pour dépasser une problématique ancienne, il s’avère que ce que la personne perçoit comme une problématique peut aussi être considérée comme une solution archaïque, mise en place inconsciemment pour répondre à des besoins particuliers à un moment donné, et devenue limitante, obsolète.</p>
<p>Pour expliquer cela au client, j’utilise fréquemment la métaphore suivante : « <i>lorsque que nous étions enfant en bas âge, la meilleure façon que nous avions d’obtenir ce dont nous avions besoin – affection, nourriture, hygiène – était de pleurer. Chez un enfant un tel comportement n’est en rien problématique. C’est un comportement normal. Trente plus tard, un adulte qui n’aurait d’autre solution que de pleurer pour attirer l’attention de son entourage sur ses besoins, est en revanche en difficulté. Il a un problème. </i>»</p>
<p>Le développement « normal » de la personnalité voudrait que nous sachions à chaque âge, créer de nouvelles manières de répondre à nos besoins.  Des solutions qui soient à la fois adaptées à nos besoins premiers (pour ne pas dire primaires), mais aussi aux attentes de notre environnement. Car nous avons également besoin de nous intégrer dans un système de relations et ne pouvons nous abstraire totalement – sauf à en faire le choix radical – des attentes et du regard d’autrui.</p>
<p>Pourtant, chacun d’entre nous, en certains domaines de nos vies, pouvons parfois avoir le sentiment de nous sentir comme coincés, condamné à répéter inlassablement tel ou tel comportement ou émotion, généralement vécu comme désagréable, faute d’avoir su créer ces nouvelles solutions.</p>
<p>Sans faire de généralisation abusive, par exemple, bien des compulsions semblent avoir été à un moment donné de la vie d’une personne, une manière de se donner à soi-même une forme de sécurité ou de compensation affective. C’est la cigarette de l’adolescent, les troubles compulsifs qui donnent un semblant d’ordre à une vie sur laquelle on a le sentiment de manquer de contrôle, l’aliment qui vient combler une sensation de vide…</p>
<p>Et l’on pourrait légitimement se demander pourquoi, dès lors que le mécanisme est reconnu et identifié, il ne serait pas facile d’adopter rapidement et facilement une autre manière de répondre à un besoin, qui de surcroît, peut avoir disparu depuis longtemps.</p>
<p>Or, malgré parfois une conscience aigue des causes d’un problème, la personne ne trouve pas toujours en elle les ressources pour changer. Et s’il suffisait pour cela  de se dés-hypnotiser des transes de l’enfance, cet âge où, faute d’expérience et d’une identité suffisamment construite pour pondérer les influences extérieures nous sommes particulièrement suggestibles.</p>
<p>Pour pousser la réflexion jusqu’à la caricature : imaginez un enfant, laissé deux minutes seul dans un caddie au supermarché pendant que sa mère part chercher quelque chose dans un autre rayon. Pour peu que d’autres éléments, comme des bruits, des cris, viennent encore dramatiser ce bref instant, pendant ces deux minutes, cet enfant, qui se sait instinctivement vulnérable en l’absence d’un parent, peut être confronté à une très violente angoisse d’abandon ou de mort. Plus tard, par exemple dans chaque situation où il se sentira seul ou abandonné, cet enfant devenu adulte, pourra être étreint par la même angoisse violente, alors même que les éléments objectifs de risque ont disparu.</p>
<p>Sans doute, la plupart du temps, la répétition du traumatisme est-elle nécessaire pour installer durablement un comportement. Mais une seule expérience, vécue à un très fort niveau d’intensité émotionnelle, est susceptible de laisser dans le psychisme une trace suffisamment profonde pour ancrer une réaction durable. C’est le plus souvent le mécanisme même des phobies simples.</p>
<p>Ce mécanisme est d’ailleurs à l’œuvre même à l’âge adulte, pour peu que l’expérience traumatique soit suffisamment intense pour faire perdre le contrôle à notre cerveau rationnel, mis en incapacité d’avoir recours à son répertoire habituel de ressources.</p>
<p>Ce que j’ai pu constater c’est que, bien souvent, une intervention hypnotique simple permet de remettre en mouvement la capacité de l’individu à créer de nouvelles possibilités : ce que l’on appelle « la redirection d’histoire de vie ».</p>
<p>De manière schématique, l’objet de ce protocole est de permettre au consultant de revisiter, en tant qu’adulte, dans un état de forte sécurité émotionnelle, un ou des événements traumatisants, en position dissociée d’observateur. Donc, sans l’intensité bouleversante du moment traumatique.</p>
<p>Depuis cette position l’adulte observe l’enfant ou le moi passé et lui adresse mentalement tout ce que ce dernier aurait eu besoin de recevoir et de savoir à ce moment traumatique, ou un peu avant, pour pouvoir vivre l’instant de manière plus neutre, plus rassurante émotionnellement… et donc… de pouvoir envisager d’autres réactions à cet événement.</p>
<p>Cela paraît si simple que cela en est presque irréel : le simple fait d’avoir symboliquement, métaphoriquement, rassuré la personne que l’on était au moment où a été créé un automatisme, une réaction inconsciente, permet le plus souvent instantanément de réagir différemment à un stimulus de même ordre.</p>
<p>Comment un tel changement est-il possible ? Avançons une hypothèse : et si, par ce protocole nous ne faisions que créer dans le passé, de manière imaginaire, les deux conditions que Carl Rogers définissait comme nécessaires à l’expression de la créativité inhérente à chacun &#8211; un sentiment concomitant de sécurité et de liberté ?</p>
<p>Nous savons qu’à un niveau inconscient, la différence perçue entre réalité et imaginaire est ténue. Qu’il nous suffit d’imaginer un événement redouté à venir pour ressentir du stress par anticipations ; ou de nous remémorer un moment agréable pour en retrouver les émotions.</p>
<p>Recréer un sentiment de sécurité au niveau d’une empreinte émotionnelle du passé, permettrait alors à la personne de retrouver la créativité nécessaire à la création de nouvelles réactions inconscientes</p>
<p>Bien sûr, il est possible que ces nouvelles réactions ne soient pas plus appropriées que les anciennes. Parfois, elles n’apporteront pas exactement la même satisfaction aux besoins originels. Parfois les différences ne seront pas toutes immédiatement perceptibles. Mais dans un jeu renouvelé d’essais et d’erreurs, à partir du moment où la personne recouvre une plus grande flexibilité, une plus grande capacité à créer de nouvelles réactions, quelque chose de la problématique, de sa rigidité, est déjà dépassé, laissant ainsi la personne à même de se confronter avec plus de liberté aux inévitables épreuves et défis de la vie…</p>
<p>Et si nous apprenions à rassurer et encourager cette part d’enfance en nous, à chaque instant de notre vie ?</p>
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		<title>L&#8217;hypnose&#8230; Mais sans le soufre</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Mar 2013 14:17:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Jean Dupré]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Accompagnement et Thérapie]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Edito]]></category>
		<category><![CDATA[apprentissage]]></category>
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		<category><![CDATA[hypnose]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>

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		<description><![CDATA[Pourquoi un magazine en ligne sur l’hypnose ? Certainement parce que la pratique de l’hypnose est une passion qui anime notre équipe éditoriale. Mais aussi et surtout parce que l’hypnose nous paraît encore souffrir &#8211; malgré les nombreuses recherches scientifiques de ces dernières décennies et la reconnaissance croissante de son efficacité -  d’une image aussi désuète [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<h2>Pourquoi un magazine en ligne sur l’hypnose ?</h2>
<p>Certainement parce que la pratique de l’hypnose est une passion qui anime notre équipe éditoriale. Mais aussi et surtout parce que l’hypnose nous paraît encore souffrir &#8211; malgré les nombreuses recherches scientifiques de ces dernières décennies et la reconnaissance croissante de son efficacité -  d’une image aussi désuète qu’inappropriée.</p>
<p>Passons brièvement sur le fait que des phénomènes d’hypnose ou de transe sont rapportés à toutes les époques et dans toutes les cultures pour nous concentrer sur la manière dont elle est perçue et définie dans le monde occidental depuis environ trois siècles, c’est à dire, en gros, depuis le moment où elle a commencée à être un objet d’étude scientifique, au sens où nous entendons habituellement ce mot.</p>
<p>Très souvent, une fois que fut infirmée l’hypothèse de magnétisme animal, lorsqu’elle n’a pas été réduite à une manifestation hystérique, l’hypnose a été assimilée à un phénomène de sujétion de la volonté d’une personne à une autre.</p>
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<div class="pullquote prociono">Il nous semble difficilement compréhensible de continuer à enfermer l’hypnose dans une représentation aussi simpliste et caricaturale</div>
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<p>Certes la conception autoritaire de l’hypnose qui prévalait jusqu’à la fin de la première moitié du 20e siècle, favorisait une telle interprétation, que continue à entretenir la dimension spectaculaire de certaines démonstrations d’hypnose de cabaret.</p>
<p>Toutefois, un demi-siècle après les apports déterminants de <a title="Wikipedia - Milton Erickson" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Milton_Erickson" target="_blank">Milton Erickson</a> et des travaux sur l’interaction de l<a title="Ecole de Palo Alto" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_Palo_Alto" target="_blank">’école de Palo Alto</a>, il nous semble difficilement compréhensible de continuer à enfermer l’hypnose dans une représentation aussi simpliste et caricaturale. Et ce sera certainement l’un des objets fondamentaux de ce magazine que de tenter de rendre compte de l’irréductible complexité de ce phénomène appelé hypnose.</p>
<h2>Hypnose : des réalités diverses</h2>
<p>Déjà, le mot hypnose, nous semble-t-il, recouvre deux ordres de réalité distincts :</p>
<ul>
<li>d’une part  ce que l’on appellera par simplification un « état » de conscience dont la caractéristique serait, selon les définitions communément acceptées, d’être différent de « l’état normal ». Reste à définir ce que serait un état de conscience normal. Dans quel contexte, quel société, pour quelle personne ? La réponse définitive à cette question ne semble pas être à l’ordre du jour</li>
<li>d’autre part un processus relationnel permettant l’altération de cet « état » chez une personne. On est alors proche des idées d’influence, de manipulation ou simplement d’interaction. Il existerait ainsi des techniques ou un art hypnotique permettant de favoriser la modification de l’état psychique chez autrui.</li>
</ul>
<p>Mais selon quels critères objectifs un « état » psychique peut-il être qualifié d’hypnotique ?</p>
<p>La notion de suggestibilité mise en avant par <a title="Hippolyte Bernheim" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippolyte_Bernheim" target="_blank">Hyppolyte Bernheim</a> à la fin du 19e siècle est sans doute un des critères les plus intéressants pour décrire ce que serait un état d’hypnose.</p>
<p>Sauf qu’à ce compte tout ou presque serait hypnose tant il est difficile de ne pas être suggestible ou influencé par ce que se passe sans cesse autour de nous.</p>
<p>Ainsi, par exemple, sommes-nous en état d’hypnose à chaque fois qu’une personne revêtue d’une autorité (parent, dirigeant politique, chef de service, médecins, psychothérapeute…) nous communique une idée que nous faisons notre ? Lorsque nous acceptons de nous soumettre à la volonté, à l’autorité, au savoir d’autrui ? Lorsque nous nous laissons influencer par une publicité, un discours, conditionnant un vote ou un acte d’achat ?</p>
<p>Y-a-t’il des degrés de suggestibilité ? Et à partir de quand passe-t-on d’un état normal à un état de suggestibilité suffisamment accrue pour que l’on puisse l’appeler hypnose. Faut-il des yeux fermés, une catalepsie, des mouvements involontaires, l’acceptation automatique des suggestions proposées par un hypnotiseur?</p>
<p>Certaines échelles tentent d’objectiver ce phénomène. Mais à ce jour, avouons-le, la diversité des comportements de chaque individu est telle qu’il nous semblerait inconséquent de prétendre y déceler une quelconque règle générale.
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<div class="pullquote prociono">La diversité des comportements de chaque individu est telle qu’il nous semblerait inconséquent de prétendre y déceler une quelconque règle générale</div>
</div>
<p>Alors, devons-nous appeler hypnose, cette hallucination qui, lorsque nous sommes face à quelqu’un que nous aimons, nous empêche de voir tout ce qui pourrait nous déranger chez cette personne et nous fait oublier, le temps d’un rendez-vous, non seulement tous nos soucis, mais même le monde environnant ?</p>
<p>Devons-nous appeler hypnose ces conditionnements et routines de pensées qui nous rendent parfois incapables d’aborder une information ou une situation sous un autre angle que celui sous lequel nous sommes habitués à la considérer ?</p>
<p>Devons-nous appeler hypnose tous ces états particuliers qui nous conduisent à accomplir certains actes de manière automatique ? Parler, marcher, conduire, ressentir une émotion particulière dans une situation donnée, agir sans avoir le sentiment de maîtriser nos actes…</p>
<p>Nous voilà donc face  à un objet infiniment plus complexe que la manière dont il est habituellement décrit.</p>
<h2>Vers une pédagogie de l&rsquo;utilisation de nos capacités psychiques</h2>
<p>Pour revenir au travail de <a title="Wikipedia Milton Erickson" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Milton_Erickson" target="_blank">Milton Erickson</a> et de son collaborateur <a title="Wikipedia Ernest Rossi" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ernest_Lawrence_Rossi" target="_blank">Ernest Rossi</a>, l’un de leurs apports essentiels, nous semble-t-il, est d’avoir caractérisé l’hypnose comme un fonctionnement naturel et commun de notre système psychique, au même titre que le rêve ou le sommeil profond. Nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements de la compréhension de ce phénomène et de son utilité pour notre équilibre psychique, mais il nous semble que l’hypnose et la suggestibilité  peuvent également être envisagés comme le corollaire de la phénoménale capacité d’apprentissage du cerveau humain.</p>
<p>Si pour apprendre et nous développer, nous avons besoin d’être influencé, alors ce que l’on appelle suggestibilité ou hypnose est peut-être simplement un état particulier de plasticité mentale nous permettant de remettre à jours nos savoirs, qu’ils soient rationnels et objectifs, ou comportementaux et émotionnels.</p>
<p>Dans ce cas, la question qui nous anime, bien au-delà de la notion d’autorité, de sujétion ou de pouvoir, devient celle de la maîtrise et de l’utilisation de ces facultés naturelles chez chacun de nous. Et plutôt que s’interroger sur les dangers réels ou supposés de l’hypnose – qui ne sont peut-être pas si différents des dangers inhérents à toute relation &#8211; ne ferait-on pas mieux de penser l’hypnose comme une pédagogie de ces mécanismes mentaux chez chacun de nous ? Une pédagogie qui permettrait à chacun de savoir observer et modifier la manière dont nous nous parlons à nous même, dont nous créons sans cesse des images mentales de nos projets et de nos souvenirs et d’apprendre à être plus libres dans nos émotions, nos conceptions et nos comportements.</p>
<p>Alors au lieu du dyptique hypnotiseur/dominant &#8211; hypnotisé/dominé nous pourrions penser la fonction de l’hypnotiseur comme celle d’un pédagogue enseignant à l’hypnotisé l’observation et l’utilisation choisie de ses mécanismes mentaux. Afin qu’au lieu d’être prisonniers d’emprises inconscientes, chacun puisse choisir d’utiliser au mieux les extraordinaire capacités de l’esprit humain.</p>
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