<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Réalités Hypnotiques &#187; Interviews</title>
	<atom:link href="http://www.realites-hypnotiques.fr/category/interviews/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.realites-hypnotiques.fr</link>
	<description>Le Magazine de l&#039;Hypnose et des Neurosciences</description>
	<lastBuildDate>Sun, 04 Dec 2022 00:44:45 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=3.9.40</generator>
	<item>
		<title>Messmer, Hypnose et Fascination &#8211; Interview</title>
		<link>http://www.realites-hypnotiques.fr/messmer-hypnose-et-fascination-interview/</link>
		<comments>http://www.realites-hypnotiques.fr/messmer-hypnose-et-fascination-interview/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 16 Dec 2013 16:13:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Maire]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Messmer]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.realites-hypnotiques.fr/?p=3474</guid>
		<description><![CDATA[Questionner, démontrer, prouver, trois mots clés au cœur de la démarche de Messmer. Connu pour ses spectacles où s’entremêlent une hypnose très directive, magnétisme et fascination, nous souhaitons donner la parole à tous les courants d’hypnose. Son ancien spectacle a attiré 466 000 personnes, en ce moment son spectacle Le Fascinateur est en tournée dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><b>Questionner, démontrer, prouver, trois mots clés au cœur de la démarche de Messmer.</b></p>
<p align="JUSTIFY"><b>Connu pour ses spectacles où s’entremêlent une hypnose très directive, magnétisme et fascination, nous souhaitons donner la parole à tous les courants d’hypnose.</b></p>
<p align="JUSTIFY"><b>Son ancien spectacle a attiré 466 000 personnes, en ce moment son spectacle Le Fascinateur est en tournée dans toute la France jusqu’en avril 2014, quelle image ce spectacle donne-t-il à l’hypnose ? Quelles sont les limites qu’il se met ? Quelle vision du monde sous-tend ses expériences ?</b></p>
<p align="JUSTIFY"><b>Rencontre avec cet ancien thérapeute qui rêve d’enseigner un jour, la sophrologie dynamique. </b></p>
<h6><b>Vous êtes en tournée dans toute la France, à l’Olympia du 25 décembre au 4 janvier, quel est l’objectif de ce spectacle, que souhaitez vous transmettre ?</b></h6>
<p>Idéalement j’essaie de démocratiser toutes les techniques d’hypnose, de sophrologie, de programmation neurolinguistique et tout ça, parce que moi j’ai vécu l’époque où tout cela était encore ésotérique.</p>
<p>Quand j’ai commencé à 16 ans, c’était vraiment perçu de façon ésotérique on voyait ça dans des fêtes foraines et les gens n’y croyaient pas vraiment.</p>
<p>J’ai fait moi-même du cabinet et les gens venaient me voir mais n’y croyaient pas vraiment non plus, ils avaient déjà tout essayé et ils se disaient je vais voir un hypnotiseur pour voir si ça va marcher.</p>
<h6><b>Vous parlez de votre travail en cabinet, comment travailliez-vous, de quelle hypnose s’agissait-il ?</b></h6>
<p>C’était mon hypnose à moi. J’ai commencé à maitriser l’hypnotisme à sept ans, j’ai développé mes techniques, et par la suite j’ai suivi des cours en sophrologie dynamique.</p>
<p>Mes thérapies étaient beaucoup plus axées avec la sophrologie dynamique que l’hypnose ericksonienne ou ce genre d’hypnose.</p>
<p>Je faisais un mélange de plusieurs techniques, on doit être capable de s’adapter au patient qui est là. Ce n’est pas vrai que l’on doit rester dans une seule technique. La sophrologie dynamique me permettait de m’adapter avec des techniques d’hypnose, des techniques d’inductions, des techniques de visualisation.</p>
<p>Je ne veux pas être identifié à l’hypnose ericksonienne ou à une autre forme d’hypnose, ma technique c’est d’être guidé à l’instinct.</p>
<p>Et encore aujourd’hui sur scène je fonctionne comme cela, ma technique c’est que je me laisse guider par mon instinct et ça fonctionne.</p>
<h6><b>Vous avez fait combien d’années en cabinet ?</b></h6>
<p>J’en ai fait pendant au moins 7 ou 8 ans, mais je ne pouvais pas gagner ma vie à l’époque avec cela, ce n’était pas encore assez connu. Les gens venaient me voir en dernier recours alors je trouvais ça dommage.</p>
<p>J’ai décidé de monter un show à grande échelle pour aller convaincre le plus de gens possible que ca fonctionnait.</p>
<p>Sur scène, je le démontre à chaque soir. Vingt-cinq à quarante personnes vivent l’expérience chaque soir et ces gens là deviennent des ambassadeurs.</p>
<p>Imaginez, jusqu’à maintenant aujourd’hui j’ai hypnotisé 70 000 personnes dans ma vie, ces 70 000 personnes là en ont parlé, en parlent encore aujourd’hui et ça, ça en fait pour moi des ambassadeurs.</p>
<p>Par la suite les gens se questionnent, bon qu’est-ce que je peux faire avec ça, vers où je peux me tourner si je veux améliorer ma santé ?</p>
<p>Et la, mon point est gagné. Je suis sur scène pour passer un léger message.</p>
<p>Mon ancien spectacle a attiré 466 000 personnes, on n’attire pas une foule aussi grande avec une conférence sur l’hypnose, on attire une foule avec un show, un divertissement, et pendant que les gens sont dans la salle hop on passe le message.</p>
<p>Quand ils sortent de la salle ces gens se questionnent, ils appellent des hypnologues, des associations de sophrologues etc. alors mon point est gagné.</p>
<h6><b>Certains sortent peut-être de votre show avec l’idée que l&rsquo;hypnose est une perte de contrôle, un pouvoir que quelqu’un d’autre exerce sur soi. </b><b>Que répondez-vous à ceux qui ont cette idée, cette peur ? À ceux qui se disent est-ce que je veux me diriger vers la thérapie, est-ce que le thérapeute ne va pas avoir trop de pouvoir sur moi ?</b></h6>
<p>Sur scène justement, j’essaie de démontrer que si physiquement ou moralement c’est impossible à assumer ou à réaliser la personne va s’éveiller ou bloquer l’information.</p>
<p>J’essaie de démontrer aussi que ce n’est pas un pouvoir que l’on a sur une personne, mais une synergie qui se créée entre le sujet et l’hypnotiseur ou le fascinateur.</p>
<p>J’ai créé le terme de fascinateur pour me démarquer de tout ce qui se fait à la base et aussi enfin créer le fossé pour enfin avoir une ligne : les hypnologues font de l’hypnose de thérapie et les fascinateurs font du show.</p>
<h6><b>Justement, quand on sort de ce spectacle, que faut-il garder comme présupposés sur l’hypnose d’une part et comme présupposés sur ce que vous appelez l’art de la fascination, la mise en scène, le show d’autre part ? Cette ligne est-elle si claire à déceler ?</b></h6>
<p>J’essaie de garder cette aura de mystère autour du show, cette aura de questionnement. Je veux que les gens se questionnent, je veux qu’ils en parlent.</p>
<p>Du coup, les gens font leur propre constat du spectacle. Et honnêtement, personne ne sort d’ici sans se questionner.</p>
<h6><b>On a l’impression que tout peut arriver dans vos spectacles… Quelles limites est-ce que vous vous mettez ? Quelle éthique encadre vos pratiques ?</b></h6>
<p>La mise en scène est faite dans ce sens, la mise en scène est bienveillante pour les gens qui vivent l’expérience.</p>
<p>Même si on sait qu’une personne ne fait pas ce qu’elle ne veut pas faire dans la vie normale, on peut quand même la pousser à ses limites, l’amener à l’extrême.</p>
<p>On ne connaît pas les gens sur scène. Si je demande à une personne « allez déshabille-toi, fais nous une danse », je suis persuadé qu’il y a des gens qui vont le faire, alors je ne vais pas jusque là.</p>
<p>J’essaie d’avoir une mise en scène qui est bienveillante, pour que le public comprenne que l’on a tous des forces intérieures et que l’on peut faire de grandes choses.</p>
<p>Dans mes émissions de télé où j’ai la chance d’avoir un environnement un peu plus contrôlé, je fais des numéros à grand déploiement.</p>
<p>Comme Sylvie Fréchette, la médaillée d’or en nage synchronisée aux jeux de Barcelone. Je l’ai plongé dans un bain d’eau glacé à 2 degrés Celsius. Elle a plongé comme si elle était dans un bain d’eau chaude et elle prenait une pina colada s’imaginant être à la plage.</p>
<p>La télé me permet de faire ça dans un environnement contrôlé, les médecins étaient tout proches, des gens étaient la pour vérifier que tout se passe bien. Les émissions de télé me permettent d’aller plus loin.</p>
<p>Ou par exemple un joueur de hockey professionnel au Canada, Guillaume Latendresse. Je l’ai plongé sous hypnose, on a branché sur lui des électrocardiogrammes. Avant l’hypnose, son rythme cardiaque était à 62. Deux secondes plus tard, je l’hypnotise et son rythme cardiaque passe de 62 à 42. Par la suite, je l’ai fait rêvé. Je l’ai mis dans un scénario mental, « tu es sur la glace, maintenant tu as la rondelle, fonce vers le but, vas-y tu es en échappée » et son rythme cardiaque a commencé à accélérer, à remonter à 62, il réussit son but, son rythme cardiaque a monté encore, et après « détends-toi » et en deux secondes il est revenu à 42.</p>
<p>C’est incroyable, on a pu démontrer que le corps physique réagit à la suggestion. Ca c’est palpitant.</p>
<p>Ce sont des numéros comme cela, qui nous permettent de montrer cette force que nous avons en nous.</p>
<h6><b>Vos émissions télés sont très encadrées, mais est-ce également le cas de vos shows ? Il y a des médecins, des personnes qui prennent le temps de bien réveiller les sujets ou certains spectateurs qui dans la salle auraient réagi à vos suggestions ?</b></h6>
<p>C’est nous qui prenons le temps de voir que tout se passe bien. Les personnes oui s’endorment dans la salle, je les laisse dormir parce qu’ils en ont besoin.</p>
<p>J’ai déjà essayé de réveiller ces gens là, ils s’éveillent une fois et puis ils se rendorment. En parlant avec ces gens à la fin, je leur demande pourquoi n’êtes vous pas remonté au conscient ?, ils me répondent je t’entendais mais je m’en foutais, je me dis à l’intérieur de moi fous moi la paix, je suis bien, je dors.</p>
<p>Il y a quelques jours, une dame dormait dans l’assistance, son mari me dit Messmer elle dort, elle dort, qu’est-ce que je fais ?, je lui dis, laissez-là dormir je sais qu’elle m’entend et je sais qu’elle se dit fous moi la paix, je dors, et quand j’ai dit ca elle m’a fait un signe avec le pouce, elle se tourne sur le côté et s’endort.</p>
<p>Les gens ont une certaine crainte, une certaine peur mais j’essaie par le spectacle d’éliminer ces craintes, ces peurs. Je sais que ca peut faire peur à la base de voir son ami qui dort ou qui fait le french cancan à côté de nous ça peut être paniquant même.</p>
<p>Mais tout ca est fait de façon contrôlée dans la salle. Je suis là pour vérifier que tout se passe bien, j’ai un assistant sur scène aussi, j’ai des producteurs, tout le monde vérifie que tout se passe bien et s’il y a un problème ou quelque chose je suis appelé.</p>
<p>Je fais des mises en garde nécessaires aussi. Je dis aux gens que s’ils ont pris des antidépresseurs puissants, des alcools ou s’ils sont sous l’effet des drogues, qu’ils ne fassent pas le test, parce que eux vont extrapoler la suggestion. On essaie d’éviter cela.</p>
<h6><b>Les personnes vivent souvent des choses très fortes dans vos shows, j’imagine que ça peut autant apporter de choses très bénéfiques qu’ébranler, comment vivez-vous cette responsabilité ?</b></h6>
<p>Je le fais dans un environnement contrôlé justement, j’essaie de vérifier les réactions possibles. Si je fais cela comment elle peut réagir, ca peut aller vers là, ou vers là ou vers là.</p>
<p>Et on a des portes de sorties, on fait en sorte de maintenir cette mise en scène avec des portes de sorties.</p>
<p>On pourrait aller plus loin, mais sur scène mon but est de faire passer ce message et toujours être bienveillant. Je veux garder cette image d’homme qui fait un show bienveillant.</p>
<h6><b>Vous avez fait à la fois du show et du cabinet, comment ont évolué les questions que vous vous posez au fur et à mesure de votre pratique ?</b></h6>
<p>Depuis que j’ai commencé, j’ai vu la science évoluer. Maintenant on sait à l’aide d’IRM que l’hypnose existe. On commence à comprendre un peu mieux.</p>
<p>Mais depuis que j’ai sept ans, je gravite autour de cela, alors j’ai grandit avec cela, c’est une deuxième nature pour moi.</p>
<p>Des questions, je m’en pose plus quand je vois qu’une personne ne comprend pas ce que je fais.</p>
<h6><b>Au-delà des questions, vos propres réflexions, votre vision des choses a-t-elle évolué ?</b></h6>
<p>Oui, ma vision des choses a évolué quand j’ai suivi un cours de sophrologie dynamique, et ca m’a donné les réponses que je cherchais depuis que j’étais tout jeune.</p>
<p>Comment ca fonctionne quand on rentre dans un état d’hypnose ? Comment fonctionne le cerveau ?</p>
<p>Comprendre aussi qu’il existe dans l’impalpable, dans l’invisible, cette énergie là.</p>
<p>Les gens ont encore souvent des réactions mitigées autour de cela, même dans les années 1700 c’était comme ca avec le vrai Franz Anton Mesmer, et encore aujourd’hui il y a deux écoles de pensées.</p>
<p>Mais avec la sophrologie dynamique, j’ai pu toucher, j’ai pu sentir dans mes mains cette énergie.</p>
<p>Imaginez, être capable de se connecter à quelqu’un à distance sans même connaître son nom, sans même connaître sa vie et trouver que cette personne a une jambe de coupée ou un œil de crevé, on peut le sentir, on le touche.</p>
<p>Ce n’est pas parce qu’on pas encore les réponses complètes que ça n’existe pas, la science continue à évoluer.</p>
<p>Avec la sophrologie, j’ai compris aussi que nous avons des cycles de sommeil. Le conscient, l’alpha, le béta, le thêta, le delta. Le cerveau vibre à des niveaux différents, il vibre à 14 vibrations secondes, au niveau thêta  il vibre à 7 vibrations secondes et tout ca.</p>
<p>Avec la sophrologie dynamique ou l’auto hypnose, on descend dans ces sphères au niveau subconscient, on est capables et en mesure de le provoquer.</p>
<p>Mais la sophrologie dynamique j’aime mieux, parce qu’on apprend à bouger à vaquer à nos occupations dans un état sophronique.</p>
<p>On peut être conscient, même quand je suis sur scène je suis dans un état sophronique, on peut être conscient au niveau thêta. Et je me sers de ces techniques pour aider la personne à descendre à ces niveaux là.</p>
<p>Alors oui, j’ai évolué avec le temps dans mes techniques, dans mes pratiques, je comprends maintenant beaucoup mieux comment cela fonctionne qu’à l’époque quand je lisais le livre de mon grand-père daté de 1905. La science n’était pas très évoluée à ce moment là, mais les techniques d’induction étaient quand même présentes et bonnes.</p>
<h6><b>Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous intrigue, vous interpelle le plus ? </b></h6>
<p>L’influence d’une personne à distance.</p>
<p>J’ai réussi à le faire à plusieurs reprises sans même avoir une suggestion détournée.  Je suis capable d’hypnotiser quelqu’un qui n’est même pas dans la même pièce que moi, sans même que la personne puisse voir que j’essayais de travailler avec elle.</p>
<p>J’essaie de comprendre le mécanisme pour pouvoir le maitriser encore mieux et éventuellement le démontrer. Ca créé et ça va encore créer des discussions autour des tables, des hypnologues etc. mais c’est là et ça va faire avancer la science éventuellement.</p>
<p>Je parle beaucoup de magnétisme, parce qu’il n’y a pas d’autres termes en ce moment qui illustrent ce que l’on essaie d’expliquer. C’est une forme d’énergie, que l’on est tous en mesure de maitriser, d’amplifier, de diriger.</p>
<h6><b>Dans quel but ? Qu’est-ce que ça peut apporter d’important selon vous ?</b></h6>
<p>Je pense que l’être humain doit apprendre à se connaître, doit apprendre à connaître ses forces intérieures.</p>
<p>Je ne fais pas la promotion de l’hypnose sur scène, loin de là, je fais la promotion de nos forces intérieures, de notre capacité à s’auto guérir, à améliorer notre santé, à nous libérer d’addictions.</p>
<p>On a tous cette capacité de modeler notre cerveau comme on le veut. Et on n’a pas d’école qui nous enseigne ça aujourd’hui.</p>
<h6><b>Vous vous pratiquez l’auto hypnose, la sophrologie dynamique… Dans quelle direction, à quelles fins, vous en servez-vous personnellement ?</b></h6>
<p>C’est 80 % du temps dans ma journée, je descends dans mes niveaux au niveau du subconscient.</p>
<p>Pour améliorer ma santé, si je suis malade je guéris très rapidement. Si je suis fatigué après une tournée de promotion ou de spectacle, je prends 15 minutes, je rentre dans mes niveaux et je fais un cycle de sommeil complet, en 15 minutes je récupère trois heures de sommeil.</p>
<p>On apprend aussi à être plus près de notre instinct. C’est très bénéfique d’apprendre à maitriser tout cela.</p>
<h6><b>Et concrètement c’est ce vers quoi vous souhaiteriez diriger les spectateurs ?</b></h6>
<p>Premièrement, j’essaie de créer des questionnements, et deuxièmement, j’essaie de faire en sorte de trouver des réponses.</p>
<p>On reçoit 200-300 courriels de gens par semaine de gens qui veulent avoir de l’information. On essaie de les diriger le mieux possible au bon endroit.</p>
<p>J’ai tendance à penser que si l’on arrive à combiner la médecine traditionnelle avec la force de pensée, la force de l’esprit, on peut faire des miracles.</p>
<p>Mon but c’est cela, c’est faire en sorte que les deux sphères se rejoignent et éventuellement qu’on évolue en tant que peuple, en tant qu’être humain.</p>
<h6><b>Et pour terminer cette interview, un rapide quizz : qu’est-ce qui vous surprend le plus sur ce qu’il se dit de l’hypnose ?</b></h6>
<p>Que des gens sont encore sceptiques. Il y a toujours quelqu’un qui va dire « ah non c’est arrangé », « c’est une vedette, il voulait faire gonfler sa carrière », « un journaliste, il voulait faire montrer ses ventes de papiers ».</p>
<p>J’ai arrêté d’essayer de convaincre la planète.</p>
<h6><b>Qu’est-ce qui vous laisse le plus dubitatif ?</b></h6>
<p>On parlait du bain de glace, écoute ca ma scotché. Son rythme cardiaque n’a même pas changé, même pas un sourcillement, même pas un frisson. Ca m’a vraiment bluffé, c’est vraiment palpitant.</p>
<p>Ou hypnotiser quelqu’un à distance, ça, ça va plus loin que l’hypnose.</p>
<h6><b>Qu’est-ce qui vous réjouit le plus de ce qu’il se dit sur l’hypnose aujourd’hui ?</b></h6>
<p>Beaucoup de monde se dit ça fonctionne, ça peut m’aider à me libérer de phobies, à améliorer ma santé etc.</p>
<p>Je vois qu’il y a un cheminement qui continue. On est vraiment à la pointe de l’iceberg, on va découvrir de nouvelles choses très bientôt, la science s’y penche.</p>
<p>Des universités au Canada, en France peut-être aussi, traitent des grands brûlés sous hypnose. La récupération du corps physique est cinq fois plus rapide sous hypnose… Ca me réjouis.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.realites-hypnotiques.fr/messmer-hypnose-et-fascination-interview/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Regards croisés avec Michel Onfray</title>
		<link>http://www.realites-hypnotiques.fr/regards-croises-michel-onfray/</link>
		<comments>http://www.realites-hypnotiques.fr/regards-croises-michel-onfray/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Oct 2013 12:06:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Réalités Hypnotiques]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[hypnose]]></category>
		<category><![CDATA[kevin finel]]></category>
		<category><![CDATA[michel onfray]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.realites-hypnotiques.fr/?p=3447</guid>
		<description><![CDATA[Très vite, le ton est posé, &#171;&#160;quand j’ai travaillé sur Freud, on a cru que j’étais contre toute psychanalyse, contre tout inconscient. Mais je ne suis pas contre l’inconscient, je suis contre l’inconscient freudien&#160;&#187;. Plus tard, nous apprendrons que le philosophe a pensé, à un moment de sa vie, devenir psychanalyste. Dans cette conversation à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Très vite, le ton est posé, &laquo;&nbsp;quand j’ai travaillé sur Freud, on a cru que j’étais contre toute psychanalyse, contre tout inconscient. Mais je ne suis pas contre l’inconscient, je suis contre l’inconscient freudien&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Plus tard, nous apprendrons que le philosophe a pensé, à un moment de sa vie, devenir psychanalyste.</p>
<p>Dans cette conversation à bâtons rompus, il partage avec nous ses ressentis, ses réflexions et ses questionnements sur le métier de philosophe, de thérapeute et sur l’être humain.</p>
<p>De la manipulation à l’exercice de la volonté en passant par l’acceptation du plaisir, nous vous proposons une rencontre sur le fil où questions soulevées par l’hypnose et la philosophie s’entremêlent.</p>
<h2>Partie 1 Introduction à l’hypnose</h2>
<p>Autobiographie à l’hypnose de la fascination exercée par l’hypnose de spectacle à la question de l’inconscient et de la psychanalyse. Brève histoire de l’hypnothérapie de Charcot à Erickson.</p>
<p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F115902953"></iframe></p>
<h2>Partie 2 Manipulation, séduction, dénégation</h2>
<p>Quelles expériences d’états modifiés de conscience en tant qu’enseignant à l’Université Populaire ? Quels éléments hypnotiques mobilisables ? Quel pouvoir conféré ? Quelles questions déontologiques cela soulève-t-il ?</p>
<p>Don Quichotte, une vision postfreudienne de la dénégation ? Comment travailler le déni d’un point de vue thérapeutique ?</p>
<p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F115902324"></iframe></p>
<h2>Partie 3 Une démarche thérapeutique</h2>
<p>Etre philosophe et thérapeute, un même combat ? Que nous apporte le chamanisme ?</p>
<p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F115901659"></iframe></p>
<h2>Partie 4 Construction d’une liberté</h2>
<p>La thérapie comme la philosophie, des voies vers la construction d’une liberté ? Quel est le véritable levier de cette construction ? A quel prix ouvrir les possibles ?</p>
<p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F115900668"></iframe></p>
<h2>Partie 5 Le placebo et l’exercice de la volonté</h2>
<p>Que penser du placebo ? Quelles possibilités peut-il offrir ? En quoi cela questionne-t-il l’exercice de la volonté ? Que nous dit la philosophie à ce sujet ? Quel est l’état de l’exercice de la volonté aujourd’hui ?</p>
<p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F115900404"></iframe></p>
<h2>Partie 6 La conscience, l’inconscient et l’acceptation du plaisir</h2>
<p>Quelle négociation est possible entre la conscience et l’inconscient ? Quelles sont leurs faiblesses respectives ? Pourquoi acceptons-nous plus facilement le désir au plaisir ?  Quelle est la place de la culture judéo-chrétienne aujourd’hui ?</p>
<p><iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F115900841"></iframe></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.realites-hypnotiques.fr/regards-croises-michel-onfray/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Olivier PERROT et la réhabilitation de l’hypnose classique</title>
		<link>http://www.realites-hypnotiques.fr/olivier-perrot-et-la-rehabilitation-de-lhypnose-classique/</link>
		<comments>http://www.realites-hypnotiques.fr/olivier-perrot-et-la-rehabilitation-de-lhypnose-classique/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 31 May 2013 12:48:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Dominique Paoli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[AFHN]]></category>
		<category><![CDATA[Hypnose Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Perrot]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.realites-hypnotiques.fr/?p=3437</guid>
		<description><![CDATA[Olivier Perrot, président de l’Association Française de Nouvelle Hypnose a récemment donné une conférence à l’ARCHE sur le lien qu’il fait entre l’hypnose thérapeutique d’aujourd’hui et l’hypnose classique. Dans le cadre de l’AFNH il a aussi organisé une formation « hypnose classique, suggestions directes et transes profondes » où il a invité un hypnotiseur de spectacle, Hervé [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Olivier Perrot</strong>,<strong> président de l’Association Française de Nouvelle Hypnose</strong> a récemment donné une conférence à l’ARCHE sur le lien qu’il fait entre l’hypnose thérapeutique d’aujourd’hui et l’hypnose classique.</p>
<p>Dans le cadre de l’AFNH il a aussi organisé une formation « hypnose classique, suggestions directes et transes profondes » où il a invité un hypnotiseur de spectacle, Hervé Barbereau, ainsi que le créateur et animateur du site d’hypnose de rue « Street Hypnose », Jean-Emmanuel Combe. L’un de nos auteurs, JD Paoli était présent lors de cette formation. Il nous livre l’entretien qu’il a eu avec Olivier Perrot à cette occasion.</p>
<h6>JD Paoli : Olivier Perrot, vous êtes président de l’AFNH, vous avez été l’assistant, pendant les dix dernières années de sa vie, de Jean Godin qui a créé dans les années 80 le premier Institut Milton Erickson en France, et vous êtes considéré comme son successeur.<br />
Cela vous a valu de rencontrer les plus grands ericksoniens, Rossi, Haley, Watzlawick, Zeig, etc…<br />
Avec cette formation à l’hypnose classique, vous réhabilitez certaines techniques d’hypnose directe. Vous aimez jouer du paradoxe ?</h6>
<p><strong>Olivier Perrot</strong> : Votre question revient à me demander si je trahis l’héritage de Jean Godin en particulier, ainsi que l’héritage des ericksoniens en général ! En fait, ma vie est tournée vers l’ouverture, je me considère comme un voyageur qui sort de ses frontières d’origine pour rencontrer d’autres cultures. Pour cette raison, je conduis l’AFNH comme une association ouverte à des idées différentes. Je propose régulièrement des échanges avec les autres associations d’hypnose et de thérapie. J’essaie de faire bouger les lignes.</p>
<p>En ce qui concerne Jean Godin, son héritage est aussi celui d’un homme qui a fait déplacer les murs des chapelles. Quand, au début des années cinquante, il présente sa thèse de médecine qui a pour thème « La relaxation », il n’est pas loin de se faire chasser de la Faculté. Il fallait oser à l’époque.</p>
<p>Quand, plus tard, il introduit les méthodes thérapeutiques originales d’un médecin hypnotiseur américain inconnu en France, Milton Erickson, il fait preuve d’une sacrée ouverture d’esprit !</p>
<p>Par ailleurs, bien que transmetteur en France de la pratique ericksonienne, Jean Godin reconnaissait des vertus aux suggestions directes, notamment dans le domaine de la douleur. Et s’il n’a pratiqué que l’hypnose ericksonienne, c’est certes par adhésion totale à cette méthode, mais c’est aussi parce que l’hypnose avait besoin de respectabilité face à l’hypnose pratiquée sur les scènes de spectacles.</p>
<h6>JDP : la suggestion directe, c’est le diable ?</h6>
<p>OP : Aux yeux d’une partie des tenants du dogme ericksonien, certainement. Or, on n’a retenu de la pratique d’Erickson essentiellement les suggestions indirectes et encore plus les suggestions ouvertes ou activatrices comme la métaphore. C’est oublier que pendant longtemps il a pratiqué une hypnose directe, et qu’il ne s’en est jamais totalement détaché. Il était très directif, par exemple avec ses prescriptions de tâches thérapeutiques. Quand il utilise la lévitation du bras, c’est une technique directive, pratiquée en pleine période de l’hypnose directe par Bernheim et Liébault.</p>
<p>Lors d’une formation à Toulouse, des étudiants en DU d’hypnose m’ont dit que l’utilisation de la suggestion directe y est fortement découragée. Malheur à l’étudiant qui s’en prévaut le jour de l’examen ! En refusant ainsi ce type de suggestion directe, on se prive d’une part essentielle des ressources du langage hypnotique.</p>
<p>Ce n’est pas parce que les hypnotiseurs de spectacle l’utilisent qu’elle doit être bannie. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : si les hypnotiseurs de spectacle, qui ont une obligation de résultat immédiate, pratiquent la suggestion directe, c’est qu’elle est très puissante.</p>
<p>J’ai pris l’habitude de dire qu’il existe une moitié du temps où Erickson est très directif, une seconde moitié du temps où il est dans les subtilités de langage, et comme c’est Erickson il existe une troisième moitié du temps où il nous reste encore à comprendre comment il s’y prend.</p>
<h6>JDP : A vous entendre, on a l’impression que vous êtes à l’étroit dans les habits ericksoniens.</h6>
<p>OP : Détrompez-vous, je reste fidèle à la pratique ericksonienne. Je pense seulement que la lecture que nous en avons doit se montrer plus souple, s’adapter. D’autre part, le bourlingueur des pratiques thérapeutiques que je suis a fait des constatations peu agréables : certaines pratiques sont loin d’aller dans le sens du client/patient.</p>
<h6>JDP : Est-ce à propos de ces pratiques que vous utilisez le mot « calinothérapie » ?</h6>
<p>OP : Oui, j’ai employé sciemment ce mot. Qu’ai-je souvent constaté ?</p>
<p>Que des stagiaires, pourtant thérapeutes installés, manquent de confiance en eux, osent peu, sont timorés par crainte de mal faire. Or le seul moyen de ne pas faire d’erreur, c’est de ne rien faire…</p>
<p>Que bon nombre de thérapeutes pratiquent une hypnose très très douce, se réfugient derrière la métaphore et la relaxation, se rassurent en disant pratiquer « l’hypnose conversationnelle ».</p>
<p>Qu’alors qu’ils sont dans des annuaires d’hypnose, au bout de 10 rencontres, le patient n’a pas encore eu le droit à la moindre séance d’hypnose. C’est la pizzeria où on ne peut pas commander de pizza…</p>
<p>Que certains praticiens n’ont jamais touché à un patient ! Lors d’une formation en Suisse, j’ai pu constater que la moitié des professionnels présents n’utilisaient pas la catalepsie du bras alors que c’est un effet très utile qui démontre au patient sa capacité à fonctionner sous hypnose.</p>
<h6>JDP : Si je comprends bien, vous reprochez aux hypnothérapeutes un…manque d’hypnose ?</h6>
<p>OP : Tout à fait. Cela conduit à des patients frustrés qui ressortent du cabinet avec l’impression de ne rien avoir vécu du tout, qui ont le sentiment de ne pas avoir bénéficié d’une « vraie » hypnose.</p>
<h6>JDP : Une vraie hypnose ?</h6>
<p>OP : Relaxation + métaphore, ce n’est pas de l’hypnose. Les patients d’aujourd’hui ont une idée de ce qu’est l’hypnose, idée d’autant plus précise que l’hypnose est présente de plus en plus fréquemment à la télévision, sur internet, dans les médias en général. Quand ils poussent la porte d’un immeuble au fronton duquel figure le mot hypnose, ils savent où ils vont. Quand un patient se présente dans mon cabinet, je me dis qu’il vient pour avoir de l’hypnose…et je vais faire en sorte qu’il en ait sauf s’il présente une contre-indication type psychose ou si une autre approche me semble plus profitable pour lui ! Assumons, prononçons le mot, ne nous privons pas du mot « hypnose » en thérapie ! Des études récemment relayées par Antoine Bioy ont d’ailleurs montré qu’on perd de l’efficacité si on remplace le mot hypnose par le mot relaxation.</p>
<h6>JDP : Voulez-vous dire que les patients veulent avant tout que leur traitement commence par un état hypnotique, une transe bien visible ?</h6>
<p>OP : Ou tout du moins qu’ils aient au moins l’impression d’avoir vécu quelque chose. Tout comme au théâtre où à chaque représentation il doit se passer quelque chose, il est important qu’à chaque séance de thérapie le patient ait vécu quelque chose. Bien évidemment une anamnèse sérieuse est souvent nécessaire, mais si elle s’étale sur 10 séances, ce n’est plus une hypnothérapie. C’est bien l’hypnose sans transe apparente, voire même l’hypnose sans hypnose, mais l’hypnose avec transe ne doit pas être oubliée.</p>
<h6>JDP : La formation que vous venez de dispenser concerne aussi les transes profondes. Sont-elles nécessaires en thérapie ?</h6>
<p>OP : De manière générale, l’hypnose ericksonienne ne s’intéresse pas vraiment à la profondeur de la transe. Alors les thérapeutes travaillent avec des états hypnotiques très légers, ce qui est suffisant dans un certain nombre de cas mais qui risque de ne pas l’être dans d’autres. Des états légers ne permettent pas de tout traiter en hypnothérapie, notamment dans le domaine de la douleur.</p>
<h6>JDP : Ces critiques que vous formulez ne remettent-elles pas en cause le contenu de bon nombre de formations ?</h6>
<p>OP : Nous nous sommes lancés avec un certain nombre de collègues directeurs d’écoles, dont Kevin FINEL dans cette réflexion : qu’est ce qui nous semble faire la qualité d’une formation à l’hypnose. Je ne critique pas les formations existantes, je propose des compléments, des approfondissements…</p>
<h6>JDP : Revenons à votre formation à l’hypnose classique qui vient de se terminer. Après avoir invité l’hypnotiseur de spectacle Hervé Barbereau l’an passé, ce qui avait donné lieu à une polémique, vous l’avez à nouveau sollicité cette année. De plus, vous avez demandé à Jean-Emmanuel Combe, chantre de l’hypnose de rue, créateur et animateur du blog « Street Hypnose », de venir dispenser son savoir-faire. Ne risquez-vous pas à nouveau de subir les foudres de ceux qui vous avaient critiqué l’an passé ?</h6>
<p>OP : Je suis en accord avec mes objectifs de formation qui sont d’une part de donner aux thérapeutes les moyens d’avoir confiance en eux, tout en les munissant d’outils rapides et efficaces et d’autre part de permettre aux patients de vivre l’hypnose, tout en gagnant du temps et un nombre moindre de séances.<br />
Barbereau ne vient pas nous apprendre des effets de music-hall, mais nous montrer combien ses techniques sont rapides et puissantes.</p>
<h6>JDP : Mais Barbereau ne cache pas qu’il choisit ses sujets</h6>
<p>OP : Certes. Mais avez-vous remarqué que près de 30 % des participants au stage étaient très réceptifs ? Dans une clientèle, le pourcentage est peu ou prou le même. Pourquoi passer une demi-heure à mettre ces personnes là en transe alors que ça peut être fait en quelques secondes ? Alors si nous pouvons aider durablement, en suggestion directe et en quelques minutes une personne à changer, faisons-le. Prendre 4 séances là où une suffit, est-ce réellement éthique ?<br />
J’entends bien que l’on me parle d’éthique. Mais l’éthique, n’est-ce pas le souci du bien du patient ? Deux, trois séances où le patient vit vraiment une transe hypnotique, n’est-ce pas mieux qu’une dizaine, de surplus ennuyeuses ?</p>
<h6>JDP : Soit, mais il reste 70% de patients qui ne sont pas éligibles à ces méthodes directes ?</h6>
<p>OP : C’est la raison pour laquelle j’ai aussi invité Jean-Emmanuel Combe. Je ne le connaissais qu’à travers la qualité de son blog. Je savais qu’avec ses copains toulousains ils partent dans les rues, proposant à qui le veut bien de vivre une expérience hypnotique. Pour eux, la rue est un vrai laboratoire d’hypnose. De leurs expériences, ils ont tiré une pratique que J-E est venu nous exposer. Une pratique qui permet, puisque vous parlez des 70% de patients moins suggestibles, de contourner les résistances tout en favorisant un apprentissage progressif des différents phénomènes hypnotiques. Et tout en sachant être ericksoniens lorsque c’est nécessaire.</p>
<p>Pendant plus de trois heures, il nous a expliqué et démontré cette pratique. Il l’a fait avec talent et pédagogie : vous avez pu remarquer avec quelle attention les participants, tous professionnels de santé, ont suivi cet exposé et avec quelle chaleur ils l’ont applaudi ensuite.</p>
<p>Et l’on voudrait qu’au nom d’un dogme, d’ancrages négatifs sur le mot « direct », ou encore parce qu’il n’est pas professionnel de santé on laisse sur la touche un jeune homme de cette qualité, lui et son savoir-faire ? Ce serait absurde.</p>
<h6>JDP : Une induction rapide ne risque-t-elle pas d’entraîner des résistances ?</h6>
<p>OP : Bien au contraire, l’induction rapide va permettre de contourner des résistances. C’est pour un certain nombre la meilleure clé pour enfin lâcher prise. Maintenant c’est justement à nous cliniciens d’avoir une boite à outils bien remplie afin de pouvoir s’adapter à chaque patient. Indubitablement cet outil est celui qui manque à bon nombre de praticiens…</p>
<h6>JDP : Vous ne craignez pas que l’on vous qualifie d’hérétique ?</h6>
<p>OP : Si l’on s’en tient à tout ce que je viens de vous dire, et seulement à ça, bien sûr je ne me fais pas que des amis. Mais je n’ai fait que montrer un manque d’ouverture, pointer des dérives. Je reste bien clairement fidèle à l’héritage de Milton Erickson. Et je cherche aussi à rapprocher les écoles, à profiter des recherches et innovations des autres courants de pensée de l’hypnose.</p>
<p>Je vous l’ai prouvé à la fin de cette formation. J’ai fait découvrir l’état hypnotique à bon nombre de participants, y compris des plus résistants, à travers un effet d’hypnose de scène, la catalepsie entre deux tables, au moyen d’une méthode des plus ericksoniennes !</p>
<p>Vous avez pu voir les visages rayonnants de ceux et celles qui avaient ainsi constaté que leur corps peut tenir horizontalement entre deux supports, tout en restant souple, et tout en ayant une respiration ventrale complètement détendue.</p>
<p>Et puis n’oublions pas qu’Erickson fut qualifié d’hérétique bien avant moi, tout comme Freud ou Galilée… et pourtant elle tourne.</p>
<h6>JDP : quels sont les enjeux de l’hypnose aujourd’hui ?</h6>
<p>OP : Les choses ont très rapidement évolué ces dernières années. La France est le pays qui a abrité les deux premiers âges d’or de l’hypnose, avec Mesmer d’abord au XVIII, puis Charcot et Bernheim au XIX. Par contre au XX nous avons totalement raté la troisième révolution celle d’Erickson. Probablement à cause de l’importance de la psychanalyse chez nous, l’hypnose a été victime d’un rejet important de la part des scientifiques. Lorsqu’enfin Jean Godin propose les premières formations à l’hypnose éricksonienne, Milton est décédé depuis 3 ans, et il a vécu jusque 80 ans…Aujourd’hui l’hypnose explose, elle est très à la mode et nous rattrapons le retard à marche forcée. Mais n’importe qui peut se former. Et avec l’hypnose de rue justement, elle devient vraiment à la portée du premier venu. Est-ce une bonne chose ? Je suis loin d’en être persuadé. D’un autre côté faut-il réserver la formation aux seuls professionnels de santé ? Encadrer les formations voilà qui me semble être l’enjeu principal de l’hypnose.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.realites-hypnotiques.fr/olivier-perrot-et-la-rehabilitation-de-lhypnose-classique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Catherine Contour : la danse augmentée de l’outil hypnotique</title>
		<link>http://www.realites-hypnotiques.fr/catherine-contour-la-danse-augmentee-de-loutil-hypnotique/</link>
		<comments>http://www.realites-hypnotiques.fr/catherine-contour-la-danse-augmentee-de-loutil-hypnotique/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 18 May 2013 08:47:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Agathe Maire]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[catherine contour]]></category>
		<category><![CDATA[danse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.realites-hypnotiques.fr/?p=3422</guid>
		<description><![CDATA[Danseuse, chorégraphe, enseignante, Catherine Contour fait intervenir l’hypnose à chaque étape de la création artistique. Le spectateur devient « baigneur », immergé dans des pièces parfois immatérielles. Les performances deviennent des « plages », des « plongées ». Après une série de performances, tables-rondes, conférences sur l’hypnose avec Catherine Contour, la Gaîté Lyrique de Paris renouvelle son invitation pour un [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b>Danseuse, chorégraphe, enseignante, Catherine Contour fait intervenir l’hypnose à chaque étape de la création artistique. Le spectateur devient « baigneur », immergé dans des pièces parfois immatérielles. Les performances deviennent des « plages », des « plongées ».</b></p>
<p><b>Après une série de performances, tables-rondes, conférences sur l’hypnose avec Catherine Contour, la Gaîté Lyrique de Paris renouvelle son invitation pour un cycle de « Danses augmentées » dans le cadre de sa saison 2013-2014.</b></p>
<p><b><a href="http://www.maisoncontour.org/">http://www.maisoncontour.org/</a></b></p>
<h6>D’une façon peut-être un peu générale, que voulez-vous profondément dire à travers l’art et tout particulièrement à travers la danse, votre domaine de prédilection ?</h6>
<p>J’ai une double formation en danse contemporaine et en scénographie aux Arts-Décoratifs de Paris. Les relations entre le corps et l’espace, habiter le corps, habiter l’espace, habiter le monde, sont les fondements sur lesquels je travaille.</p>
<h6>Habiter le corps, habiter l’espace, qu’est-ce que cela représente pour vous?</h6>
<p>C’est prendre conscience que l’on a un corps et que ce corps peut beaucoup. C’est prendre conscience que l’on est vivant, que la vie c’est avant tout du mouvement et que ce mouvement peut se transmettre et se partager à travers une expérience artistique.</p>
<p>Le « baigneur » est inclus énergétiquement dans la proposition tout en restant libre de la vivre en choisissant, comme sur la plage, sa position et son régime d’activité.</p>
<h6>En tant qu’artiste, vous avez développé l’outil hypnotique d’une manière bien spécifique, intervenant aussi bien dans le processus de création que dans l’expérience esthétique offerte au public. Comment l’hypnose et votre démarche artistique se sont-elles entremêlées ?</h6>
<p>J’ai rencontré il y a une quinzaine d’années le Dr Jean Becchio (ndlr : président de l’Association Française d’Hypnose Médicale). Dans le cadre d’un stage de Qi Gong qu’il organisait avec Zhou Jing Hong, j’ai assisté à une conférence qu’il donnait sur l’hypnose ericksonienne. Pas à pas, j’ai découvert l’hypnose à partir de l’auto-hypnose où j’ai reconnu quelque chose que je connaissais en fait déjà très bien en « M. Jourdain de l’hypnose ». A chaque fois que l’on danse, que l’on crée, le processus hypnotique se développe.</p>
<h6>Ce lien entre pratiques énergétiques, et notamment entre Qi Gong et hypnose, s’impose-t-il de lui-même ?</h6>
<p>Dans l’approche de l’hypnose énergétique à laquelle je me suis formée, toutes les modifications, les transformations du corps, sa mise en mouvement, relèvent d’un travail énergétique. Des visualisations particulières déclenchent dans le corps des modifications d’intensité, de tonicité, de température, des mouvements.</p>
<h6>Et concrètement, comment articulez-vous par exemple Qi Gong, hypnose et danse ?</h6>
<p>Dans le cadre de la création chorégraphique, je propose par exemple un accompagnement hypnotique par la parole et le mouvement, associé aux mouvements du Qi Gong, mais aussi à une forme de sieste courte ou au tracé de mandala. Le mouvement nait et se développe pendant et à partir de ce travail d’induction. Selon les personnes, l’entrée dans la pratique se fait plus facilement par telle ou telle porte.</p>
<h6>Pour vous, il est important d’ouvrir, de relier cela à tout ce qui existe par ailleurs ?</h6>
<p>Oui, et ce que j’apprécie beaucoup dans l’hypnose, telle que Milton Erickson l’a transmise c’est qu’il ait pris position sur le fait qu’on ne pouvait la transmettre sous une forme   dogmatique, figée. Il n’a pas écrit de méthode. D’autres ont observé et témoigné de sa pratique. Nous sommes tous, praticiens, en permanence en train de réinventer, d’actualiser cette technique. Chacun prend appui sur sa propre expérience, s’enrichit de celle des autres et devient créateur.</p>
<h6>L’une des dimensions de votre démarche consiste à convier le public à une expérience esthétique basée sur l’hypnose, en quoi cela consiste-t-il ?</h6>
<p>L’hypnose peut s’envisager comme un « médium artistique ». Je propose entre autre ce que j’appelle des « pièces d’hypnose ». Ce sont des œuvres « immatérielles ». Début 2012, à la Gaité Lyrique, j’ai invité les gens du public à mettre leur imaginaire en mouvement à l’aide de suggestions hypnotiques. Je les ai accompagnés avec un « scénario » spécialement conçu pour qu’ils vivent une danse, depuis la place du spectateur, du danseur et du chorégraphe. Chacun a collaboré à sa manière à l’écriture de cette danse, à la fois individuelle et collective.</p>
<h6>Vous utilisez également l’hypnose avec des danseurs bien réels…</h6>
<p>Oui, je travaille avec les danseurs en hétéro-hypnose pour qu’ensuite ils puissent danser en auto-hypnose. J’ai pu expérimenter ce processus dans différents contextes de création et de transmission : au Centre chorégraphique national de Grenoble, à Royaumont dans le cadre du programme Transforme, alors dirigé par Myriam Gourfink. Nous sommes en train d’inventer toutes sortes de protocoles.</p>
<p>En tant que chorégraphe, je crée pour les danseurs un accompagnement spécifique en hétéro-hypnose. Ensuite nous passons par différentes étapes comme l’écriture automatique et d’autres formes d’écritures qui constituent les strates à partir desquelles se déploiera la danse en auto-hypnose. J’intitule ces pièces des « danses <i>avec</i> hypnose », en soulignant l’utilisation de l’hypnose d’aujourd’hui et la distinction très nette d’avec les « danses sous hypnose » du début du XXe s. !</p>
<h6>Est-ce un défi particulier pour les danseurs de passer de l’accompagnement hypnotique au « dansé autonome » ?</h6>
<p>La parole génère des images, des sensations, des mouvements. En hétéro-hypnose, j’induis le fait que ces « pré-mouvements »vont se développer et s’amplifier jusqu’à leur expression dansée comme peut s’induire le phénomène de lévitation de la main. Avec de l’entrainement ce passage devient de plus en plus simple et évident.</p>
<p>Parfois, j’accentue tel ou tel aspect pour faciliter cette mise en mouvement. Si un danseur est plus kinesthésique, je vais utiliser des accompagnements qui font appel à la sensation du corps dans l’espace, à la relation à des objets. Si un danseur est plus visuel, je lui suggère des images. Et ces images génèrent du mouvement.</p>
<h6>Quelles sont les nouvelles pistes de réflexions que vous menez aujourd’hui ?</h6>
<p>Je poursuis ce travail sur les danses avec hypnose et sur des pièces d’hypnose pour <i>espaces de projection</i> telles que des petites salles de cinéma.</p>
<p>Je me penche sur la réception et sur les dispositifs appropriés à l’accueil des « baigneurs ». A la Gaité Lyrique, chaque rendez-vous public aura la forme d’une « Plongée ». Au rythme d’une par mois à partir d’octobre, seront proposés des formes hybridant performance, atelier, conférence, table rondes… Des expériences aux formats variés.</p>
<h6>Qu’observez-vous de l’a priori du public, de sa curiosité ?</h6>
<p>Ce que j’observe m’a amené à faire deux types de propositions. Les propositions où j’annonce l’hypnose -peuvent remplir la salle !- Les propositions où je ne l’annonce pas.</p>
<p>Dans un cas, partir des attendus par rapport à l’hypnose, des fantasmes, de la fascination, jouer de cet effet d’annonce puis réajuster les choses de façon très simple et pédagogique. Dans l’autre cas, l’hypnose, présente en filigrane, peut se livrer (ou ne pas) à travers de nombreux indices à qui sait les lire ou à qui interroge.</p>
<h6>En 2011, vous avez reçu une bourse du Centre National de la Danse pour votre recherche sur l’outil hypnotique pour la création, la transmission et l’enseignement en danse. Avez-vous le sentiment que l’hypnose commence à être pris en compte au niveau institutionnel et même qu’il y aurait une attente de la part des institutions?</h6>
<p>On rencontre une grande méfiance de la part des institutions, mais il y a aussi une grande curiosité. C’est tout un travail d’expliquer, de rassurer, parfois de proposer quelques jours d’initiation. A la suite de quoi les gens ont, pour la plupart, envie d’aller plus loin.<b> </b></p>
<h6>Des choses bougent en ce moment dans ce sens là ?</h6>
<p>Oui. Pour les institutions ce n’est pas encore tout à fait mûr, mais ca évolue. A Genève nous sommes en train de mettre en place la transmission de cet outil. Les étudiants en arts s’en emparent tellement vite, ça essaime. Les deux mouvements ont besoin de cohabiter pour qu’il y ait une reconnaissance : que les lieux institutionnels se rassurent et comprennent l’intérêt de cette démarche, que les étudiants s’emparent de cet outil et développent des projets, montrant ainsi son importance et son utilité.</p>
<h6>Vous enseignez dans l’enseignement supérieur en arts, à l’école d&rsquo;arts de Grenoble, d’Aix-en-Provence, de Mulhouse, de Genève, au CNDC (Centre national de danse ccontemporaine d&rsquo;Angers), à Transforme à la Fondation Royaumont, à l&rsquo;ENSAD (Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris), au CMLO (Centre méditerranéen de Littérature Orale). Concrètement comment abordez-vous la question de la création, à travers votre outil hypnotique, avec les étudiants ?</h6>
<p>D’abord, l’approche théorique resitue l’hypnose. Qu’est-elle aujourd’hui ? Quelle est l’approche des neurosciences ? Quelles utilisations en a-t-on dans d’autres secteurs que la création ? Par quoi, historiquement, cette discipline est-elle passée ? Il est utile de relier tout cela, de ne pas renier l’imagerie à laquelle elle nous renvoie. Aujourd’hui, on n’est plus à l’époque de Messmer ou de Charcot mais ils font parti de l’histoire de l’hypnose.</p>
<p>Et puis, très vite, on se plonge dans des exercices : du travail graphique au mouvement dans l’espace. J’ai construit cet outil en prenant appui sur des exercices issus de la danse contemporaine qui, pour moi, ont un lien avec le développement du processus hypnotique. Les étudiants reconnaissent très rapidement des choses qu’ils connaissent déjà et découvrent des possibilités nouvelles. Entre eux, cela circule beaucoup, des liens forts se créent, ils vivent une expérience de groupe qui les amène à évoluer.</p>
<p><b><i>A partir d’octobre 2013, retrouvez Catherine Contour dans le cadre des rendez-vous Danses augmentées à la Gaîté Lyrique de Paris.  </i></b></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.realites-hypnotiques.fr/catherine-contour-la-danse-augmentee-de-loutil-hypnotique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Jean-Emmanuel COMBE : de l’hypnose de rue à la formation de professionnels</title>
		<link>http://www.realites-hypnotiques.fr/jean-emmanuel-combe-de-lhypnose-de-rue-a-la-formation-de-professionnels/</link>
		<comments>http://www.realites-hypnotiques.fr/jean-emmanuel-combe-de-lhypnose-de-rue-a-la-formation-de-professionnels/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 19 Apr 2013 06:45:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Dominique Paoli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>
		<category><![CDATA[Hypnose de Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Emmanuel Combre]]></category>
		<category><![CDATA[Street Hypnose]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.realites-hypnotiques.fr/?p=3381</guid>
		<description><![CDATA[Jean-Emmanuel COMBE, créateur du blog « Street-Hypnose.fr » et figure de proue de l’hypnose de rue en France, a été convié par Olivier Perrot, dans le cadre de l’AFNH, à assurer une formation à l’hypnose classique, et notamment au traitement de la douleur, auprès de professionnels de la santé. JD Paoli l’a rencontré à cette occasion. JD [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Jean-Emmanuel COMBE, créateur du blog « <a title="Street Hypnose" href="http://street-hypnose.fr" target="_blank">Street-Hypnose.fr</a> » et figure de proue de l’hypnose de rue en France, a été convié par Olivier Perrot, dans le cadre de l’AFNH, à assurer une formation à l’hypnose classique, et notamment au traitement de la douleur, auprès de professionnels de la santé. </em><br />
<em>JD Paoli l’a rencontré à cette occasion.</em></p>
<h6><em></em>JD Paoli : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?</h6>
<div id="attachment_3385" style="width: 210px" class="wp-caption alignright"><a href="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/04/IGP7315-Copie.jpg"><img class="size-full wp-image-3385" alt="IGP7315 Copie Jean Emmanuel COMBE : de l’hypnose de rue à la formation de professionnels" src="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/04/IGP7315-Copie.jpg" width="200" height="300" title="Jean Emmanuel COMBE : de l’hypnose de rue à la formation de professionnels" /></a>
<p class="wp-caption-text">Jean-Emmanuel Combe &#8211; Street Hypnose</p>
</div>
<p>J-E Combe : Je m’appelle Jean-Emmanuel, j’ai 26 ans, et je suis Chef de Projet Informatique dans un centre de lutte contre le cancer. A côté, je pratique régulièrement l’hypnose depuis 2008 et plus spécifiquement l’hypnose de rue.</p>
<h6>JDP : Comment êtes-vous venu à l’hypnose ? Quels hypnotiseurs ont nourri votre passion ?</h6>
<p>JEC : Mon envie de découvrir les coulisses de l’hypnose s’est faite au hasard d’une émission télévisée consacrée à Derren Brown. Je le savais illusionniste, mentaliste, mais pas hypnotiseur. Je croyais qu’il y avait un « truc », jusqu’à ce que je comprenne que le truc en question était lié à la suggestion. Je me suis donc plongé dans de nombreuses lectures pour mieux comprendre…</p>
<p>Je dois donc avouer que Derren Brown a été le déclencheur chez moi de cette passion pour l’hypnose. Anthony Jacquin a été lui à l’origine de ma passion pour l’hypnose de rue. Son premier livre « Reality is Plastic » a été pour moi une bible pendant très longtemps et une réelle inspiration.</p>
<h6>JDP : Pourquoi êtes-vous allé dans la rue pour pratiquer l’hypnose ?<strong></strong></h6>
<p>JEC : Une fois qu’on a fait le tour de ses proches, on s’ennuie très rapidement. Une personne déjà hypnotisée n’est plus un challenge. Un simple claquement de doigts peut la faire replonger dans un état très profond. Il fallait donc trouver un moyen de renouveler constamment mes volontaires, afin de toujours conserver ce côté magique de la « première fois ».</p>
<h6>JDP : Comment se sont passées vos premières expériences ?<strong></strong></h6>
<p>JEC : La toute première, sur un ami, fut un échec. J’étais tout tremblant, peu convaincu ni convaincant. J’osais à peine, de peur de paraître stupide. Et puis je suis allé proposer l’hypnose à des étudiants dans un parc tout près de mon université en prétendant être déjà très expérimenté. Un vrai coup de bluff, qui s’est révélé une expérience incroyable. Ils se sont laissé aller et ils ont réussi à lâcher prise complètement. Ce fut une expérience inoubliable pour moi.</p>
<h6>JDP : A partir de quel moment avez-vous ressenti le besoin de créer un blog et quel est l’objectif de ce blog ?</h6>
<p>JEC : Assez tardivement en fait. Pendant près de quatre ans, j’ai hypnotisé dans mon coin, rencontrant sporadiquement quelques magiciens intéressés par l’hypnose. Notamment par le bouche-à-oreilles. J’avais jusqu’alors une activité beaucoup plus irrégulière. Et puis j’ai voulu me plonger complètement dans cette passion pour l’hypnose. Sans retenue. J’avais envie de transmettre mon expérience et de la partager. J’ai donc eu l’idée de créer un blog pour parler de moi, de ce que je fais, afin de présenter l’hypnose de rue qui était à cette époque une pratique très rare en France, pour ne pas dire inexistante. C’était au début une démarche totalement égoïste. Et puis petit à petit, le blog a évolué pour apporter également une aide à l’apprentissage de l’hypnose.</p>
<h6>JDP : Le blog a-t-il rencontré un public ?</h6>
<p>JEC : Le blog a mis du temps à décoller. Au début, c’était essentiellement des hypnotiseurs, curieux, qui suivaient mes péripéties. Forcément, le public visé était assez mince. Et lorsque petit à petit le blog a commencé à toucher un public plus large, souhaitant mieux comprendre l’hypnose, et même pourquoi pas l’apprendre, le trafic a fait un bond en avant considérable. Aujourd’hui, c’est entre 400 et 800 visiteurs qui viennent quotidiennement piocher des renseignements sur le site.<br />
J’ai aussi mis à disposition un eBook, gratuit, expliquant (illustrations comprises) toutes les techniques que j’utilise dans la rue. En 8 mois, il a été téléchargé plus de 6000 fois. Devant autant de succès, j’ai décidé d’en écrire une version plus complète et détaillée. Celle-ci sera payante et comportera plus de 200 pages, contre une cinquantaine pour la version gratuite (sortie vers la mi-mai).</p>
<h6>JDP : Contrairement à bon nombre de blogs sur la toile, le vôtre témoigne d’une convivialité respectueuse ainsi que d’un respect de la langue française. Comment faites-vous ?</h6>
<p>JEC : En ce qui concerne le blog, j’essaie tout simplement de faire en sorte qu’il me ressemble. J’aime écrire, j’aime communiquer. Et pas qu’à l’oral. A partir de là, il est pour moi essentiel que chaque article soit travaillé, corrigé de ses fautes (il doit en rester encore quelques unes), et qu’il transmette ma vision de l’hypnose. Mon approche se veut conviviale, respectueuse et bienveillante et j’essaye de toujours encourager les apprentis-hypnotiseurs à respecter l’éthique que je m’impose.<br />
En ce qui concerne le forum maintenant, je suis tout aussi étonné que vous. J’ai entendu cette réflexion des dizaines de fois, et je ne me l’explique toujours pas. Bon, j’ai bien une petite idée. Je dirai que les piliers du forum, les membres les plus actifs, sont des personnes pour qui l’humain prime sur tout le reste. Les parcours sont variés mais nous formons tous une vraie communauté, et poursuivons le même objectif : démystifier l’hypnose et encourager sa pratique dans tout le pays. Certains membres sont davantage orientés spectacles, d’autres vers la thérapie, sans oublier tous nos Street-Hypnotiseurs. Mais personne ne se tire dans les pattes, pour la simple et bonne raison que nous sommes tous animés par la même passion.</p>
<h6>JDP : Vous proposez un e-book gratuit qui donne un accès relativement simple aux techniques de base de l’hypnose. De nombreux jeunes, voire très jeunes, pratiquent maintenant l’hypnose de rue. Vous les encouragez à respecter une éthique. Quelle est cette éthique ?</h6>
<p>JEC : Pour le bien-être de leurs volontaires et surtout leur sécurité, je les encourage, j’essaie de leur démontrer qu’ils ont tout intérêt à suivre cette éthique.</p>
<p>Mon éthique peut se résumer en deux mots : respect, et sécurité. L’hypnose en tant que telle n’est absolument pas dangereuse. C’est ce qu’on en fait qui peut amener un danger. J’insiste donc énormément sur toutes les consignes de sécurité, qui peuvent paraître évidentes pour beaucoup d’entre nous, mais qui par expérience ne le sont pas pour tout le monde. Quelquefois, on peut aussi juste oublier, ou ne pas faire attention. Un exemple tout simple : lorsque l’on va hypnotiser des personnes dans la rue, on va suggérer avant l’induction que la personne restera debout, bien droite sur ses appuis. Ainsi, elle ne tombera pas au sol comme on peut le voir dans les spectacles.</p>
<p>Et puis le respect. Nous abordons de parfaits inconnus, qui acceptent généreusement de se prêter au jeu. Il est donc normal de leur montrer qu’on les respecte. On ne va pas être trop tactile dans notre approche, on va faire attention à ce qu’ils se sentent toujours bien, et surtout qu’ils repartent avec le sourire jusqu’aux oreilles et cette sensation inoubliable d’avoir appris à mieux se connaître grâce à l’hypnose. Il est hors de question de laisser repartir une personne après une séance d’hypnose de rue avec un mal de tête par exemple. Encore une fois, c’est peut-être évident pour tous ceux qui nous lisent, mais croyez-moi il n’est jamais inutile de le répéter.</p>
<h6>JDP : Il semble quand même qu’un certain nombre de jeunes n’ont pas pris le temps de lire vos recommandations éthiques. Au vu de certaines vidéos, beaucoup de vos membres s’en sont émus sur le forum. N’avez-vous pas ouvert l’hypnose à des personnes immatures et/ou irresponsables ?</h6>
<p>JEC : Certainement… Et à chaque fois, je me repose l’éternelle question : « dois-je continuer ? »</p>
<p>J’ai failli tout arrêter à plusieurs reprises. Parce que j’ai vu des personnes véhiculer une très mauvaise image de l’hypnose « à cause de moi ». Bien souvent, ils font très attention aux consignes de sécurité, mais oublient que le spectateur lambda qui va venir voir leur vidéo sur Youtube risque de ne pas interpréter les images de la bonne façon. Par exemple, s’il voit une jeune fille imiter une poule, il va tout de suite penser que cette malheureuse a été forcée pour réaliser une telle horreur devant la caméra. Or, il n’en est rien. Mais sorti de son contexte, l’hypnotiseur va une nouvelle fois véhiculer une image faussée et mal interprétée de l’hypnose. Inévitablement, cela contribue à la pérennité de tous les clichés et préjugés sur l’hypnose en France et ailleurs.</p>
<p>Et puis, j’en suis arrivé à une conclusion. Plutôt que de vouloir interdire ou empêcher les personnes immatures ou irresponsables d’apprendre l’hypnose – et puis, qui suis-je pour juger qui est apte ou non ? -, j’ai compris qu’il fallait au contraire informer encore plus. Si tout le monde savait que cette jeune fille avait juste envie de jouer le jeu, et que dans le cas contraire la suggestion ne serait pas passée, nous pourrions tous rire (ou non selon les goûts) sans retenue devant la vidéo, comme lorsque l’on voit des personnes faire la poule dans d’autres vidéos sans hypnose. Et cela ne nous empêcherait pas de continuer à demander une anesthésie sous hypnose pour notre prochaine opération, ou de nous faire hypnotiser pour le fun en toute confiance. Comprendre comment fonctionnent les suggestions permet de se libérer une bonne fois pour toutes de la peur de l’hypnose. Et c’est ce que je souhaite pour tous, plus que jamais.</p>
<div id="attachment_3384" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/04/pancarte.png"><img class="size-full wp-image-3384" alt="pancarte Jean Emmanuel COMBE : de l’hypnose de rue à la formation de professionnels" src="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/04/pancarte.png" width="300" height="203" title="Jean Emmanuel COMBE : de l’hypnose de rue à la formation de professionnels" /></a>
<p class="wp-caption-text">Street Hypnose &#8211; Pancarte</p>
</div>
<h6>JDP : Venons-en à la pratique de l’hypnose de rue. Comment gérez-vous le premier contact avec des inconnus, comment amenez-vous des personnes lambda à accepter de se faire hypnotiser en pleine rue ?</h6>
<p>JEC : Dans la rue, nous avons deux méthodes qui prédominent. La première consiste à aller aborder des petits groupes de personnes pour leur proposer de vivre une belle expérience d’hypnose. Certains refusent, évidemment. Soit parce qu’ils sont pressés, soit parce qu’ils ont peur. Mais fort heureusement, de nombreuses personnes acceptent, curieuses, de jouer le jeu et de tester la puissance de leur imagination.</p>
<p>L’autre méthode, plus radicale mais plus simple aussi, consiste à sortir une pancarte « Séance d’hypnose gratuite » et attendre que des volontaires viennent à nous. L’inconvénient de cette méthode, c’est que l’on crée en général très vite un attroupement de personnes qui souhaitent elles aussi absolument essayer. C’est incroyable de constater à quel point il suffit pour une personne de voir quelqu’un se faire hypnotiser, pour tout à coup déclencher en elle cette urgence d’essayer elle aussi ; comme si elle avait peur de passer à côté de l’expérience de sa vie (et elle a sûrement raison !). Cette ferveur me dépasse quelquefois, et je préfère ainsi généralement prendre le temps d’aborder les gens, en leur expliquant calmement ma démarche, ma motivation, etc.</p>
<h6>JDP : Que se passe-t-il une fois que la personne a accepté de se faire hypnotiser ?</h6>
<p>JEC : Tout s’enchaîne très rapidement. Et j’insiste sur le « très ». En une minute, peut-être deux, la personne se retrouve debout, tête tombée vers l’avant, les yeux fermés, dans un profond état d’hypnose.</p>
<h6>JDP : Une fois la transe hypnotique obtenue, qu’apportez-vous au volontaire ? Quel intérêt en retire-t-il ?</h6>
<p>JEC : La séance d’hypnose de rue est orientée sur les phénomènes hypnotiques simplement parce que ce sont des évènements palpables, involontaires, concrets. Après l’induction, la personne est prête à enchaîner des phénomènes hypnotiques de plus en plus complexes. Bras qui se lève tout seul, main collée sur le front, oubli de son propre prénom, anesthésie d’une main, l’hypnotiseur qui devient invisible… La seule limite étant l’imagination de l’hypnotiseur et celle de son volontaire.<br />
Une personne qui vit un phénomène hypnotique SAIT qu’elle a été hypnotisée. Si elle a simplement eu l’impression d’être détendue et relâchée, elle va se poser mille questions et douter de l’efficacité de l’hypnose.</p>
<p>Néanmoins, il nous tient particulièrement à cœur de proposer une relaxation agréable, accompagnée d’une multitude de suggestions positives. Ainsi, nos suggestions sont souvent accompagnées de « courants de bien être » ou de « vagues de chaleur positives » pour leur plus grand plaisir.</p>
<p>Aussi, le réveil final leur apporte un bien être considérable. Cette impression d’être complètement requinqué, vidé de toutes les angoisses, en étant parfaitement relâché et détendu comme après un succulent massage de deux heures, laisse à nos volontaires une image clairement positive de leur expérience.</p>
<p>La découverte de l’hypnose est aussi un moyen d’apprendre à se découvrir soi même. On insiste lourdement sur le fait que ce sont EUX qui sont les acteurs de tous ces phénomènes, et nous de simples guides. Nous n’encourageons absolument pas la passivité. Ainsi, ils en ressortent avec cette fierté d’être capable de reproduire eux-mêmes tout ce que nous leur avons appris au cours de la séance. Ils peuvent retourner ensuite tout seuls dans ce profond état de relaxation à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.</p>
<h6>JDP : Pouvez-vous nous décrire votre pratique, les différents états hypnotiques auxquels vous parvenez ?</h6>
<p>JEC : Ma pratique étant tournée vers les phénomènes hypnotiques, je dirai qu’il y a très clairement différentes intensités, ou en tout cas différentes perceptions d’un même phénomène hypnotique selon la profondeur de l’expérience vécue. Ainsi, certaines personnes vont réellement oublier leur prénom et être persuadées de s’appeler Jean-René, faisant alors preuve d’un vrai lâcher prise. D’autres, plus résistantes, vont simplement avoir l’impression de ne plus pouvoir prononcer leur prénom, comme si l’information était disponible dans leur esprit mais refusait de sortir. Comme si elles avaient le mot sur le bout de la langue.</p>
<p>Le plus étonnant, c’est qu’il est possible – et c’est même là ce qui fait la force d’un bon hypnotiseur de rue – d’accompagner une personne pour l’aider à mieux appréhender un phénomène, à lâcher prise, jusqu’à vivre le même phénomène hypnotique avec une intensité supérieure.</p>
<p>Lors de la conférence « Hypnose Classique » organisée par Olivier Perrot (AFNH), j’ai réalisé une analgésie (aucune douleur perçue, tout en conservant une sensation de toucher) sur une personne, malgré avoir suggéré une anesthésie (aucune sensation perçue). Qu’à cela ne tienne, j’ai joué le rôle du guide et j’ai reformulé, approfondi l’expérience, jusqu’à que la personne lâche prise un peu plus et lève ses dernières résistances. Quelques secondes plus tard, elle vivait une totale anesthésie, comme si sa main anesthésiée ne lui appartenait plus.</p>
<h6>JDP : C’est comme une situation d’apprentissage pour la personne hypnotisée ?</h6>
<p>JEC : Exactement. L’hypnose est un apprentissage par levée d’obstacles. Et chaque fois que l’on passe une résistance, l’obstacle saute et est immédiatement remplacé par une porte dont seul le volontaire détient la clé. Ainsi, il est libre ensuite de vous ouvrir la porte de son inconscient pour revivre le même phénomène hypnotique à volonté. Etre hypnotisé, ça s’apprend !</p>
<h6>JDP : Comment gérez-vous les résistances ?</h6>
<p>JEC : Ma méthode principale pour gérer les résistances est la ruse. J’utilise les croyances de la personne pour lui démontrer qu’il est possible, même pour elle, de dépasser ses résistances.</p>
<p>Lorsqu’une personne me dit par exemple qu’elle ne visualise pas bien ce que je lui demande, je vais par exemple reformuler ma suggestion en présentant une métaphore complètement différente « qui marche 99% du temps sur les personnes kinesthésiques comme toi ». Et là, peu importe son canal sensoriel principal, la suggestion VA passer. J’ai menti, oui, et alors ?</p>
<p>Tant que la suggestion passe, c’est le principal ! Et une fois que la personne a vécu au moins une fois le phénomène hypnotique, on peut même lui avouer notre petite ruse. Cela ne changera rien</p>
<h6>JDP : Est-il question parfois de thérapie ?</h6>
<p>JEC : Non. Et j’y tiens. Cela fait partie de l’éthique que je m’impose et que je recommande à tous mes lecteurs.</p>
<p>Par contre, il est évident qu’une personne, qui vient de prendre une photo et parler avec sa star favorite qui vit en réalité de l’autre côté de l’atlantique, peut vous demander s’il est possible d’arrêter de fumer. En soi, on pourrait la faire arrêter de fumer en une seule suggestion : « et maintenant, tu n’as même plus envie de fumer ». Le problème, c’est que la thérapie ne fonctionne pas comme ça. Cette suggestion disparaîtrait au bout de quelques heures. Nos suggestions sont éphémères, là où la thérapie provoque des changements durables, quelquefois pour toute une vie.</p>
<p>J’ai créé des partenariats avec des hypnothérapeutes sur Toulouse. Lorsque j’ai une demande thérapeutique dans la rue, je renvoie vers les professionnels. En plus, les personnes arrivent dans le cabinet avec un conditionnement idéal, et l’outil hypnose devient alors d’autant plus performant.</p>
<h6>JDP : A la longue, puisque vous ne faites pas de thérapie, ne ressentez-vous pas un manque d’intérêt, une lassitude à hypnotiser des inconnus ?</h6>
<p>JEC : Aucune lassitude. J’aime l’hypnose de rue et toutes les rencontres que cette pratique m’apporte. Récemment, j’aidais une nouvelle recrue (féminine qui plus est, c’est tellement rare qu’il faut le signaler !) à aborder des inconnus pour qu’elle prenne confiance en elle et se jette à l’eau. J’ai alors hypnotisé une volontaire qui semblait un peu réticente. Vous auriez vu son visage lorsque j’arrivais au chiffre « 5 » pour l’inviter à ouvrir les yeux et se reconnecter à la réalité ! Un sourire éblouissant alors qu’elle s’étirait de bonheur, invitant ses collègues à ne surtout pas passer à côté d’une telle expérience. Elle se sentait envahie par ce fameux « courant de bien être » que l’on aime tant suggérer. Ce « merci » qu’elle nous a donné ensuite venait du fond du cœur. Et même si je sais que je ne reverrai probablement jamais ces personnes, je m’en moque. Je n’attends rien de plus. C’est comme si j’avais posé ma petite pierre sur un édifice qui me transcende complètement.<br />
Je vais tout de même nuancer : mon goût prononcé pour la communication et l’envie d’aider les autres me poussent quelquefois à me remettre en question. J’aimerais, si je le pouvais, étendre ma pratique à la thérapie. Or, n’ayant suivi aucune formation médicale, et ne disposant pas de moyens suffisants pour me former complètement, je préfère laisser la thérapie aux personnes plus compétentes.</p>
<h6>JDP : Vous ne parlez pas de thérapie sur le blog. Pourtant, on découvre au fil des sujets, que des thérapeutes s’y expriment. Que viennent-ils chercher ?</h6>
<p>JDP : Je pense que vous faites plutôt allusion au forum. Je serais ravi que certains thérapeutes viennent s’exprimer sur le blog à travers des articles relatant leurs expériences ou leurs apprentissages provenant de l’hypnose de rue, mais ce n’est pas le cas pour l’instant.</p>
<p>Sur le forum donc, je pense que ces personnes cherchent simplement une palette d’outils plus grande pour s’adapter à toutes les personnes qui vont venir dans leur cabinet. Certains patients, évidemment, ont besoin que l’induction soit lente, progressive… Mais d’autres auraient clairement besoin d’une induction rapide, voire instantanée, pour lâcher prise plus facilement. Et puis, sur une séance d’1h30 par exemple, si l’induction ne prend que quelques dizaines de secondes, c’est autant plus de temps épargné pour la thérapie ensuite.<br />
Enfin, même si ce n’est pas obligatoire, prouver à la personne qu’elle est bien sous hypnose à travers un phénomène hypnotique très simple (main collée sur la cuisse par exemple) peut l’aider à mieux assimiler toutes les suggestions thérapeutiques, plutôt que de se poser l’éternelle remise en question : « ai-je vraiment été hypnotisé ? Je me sentais normal pourtant… »</p>
<h6>JDP : Olivier Perrot, président de l’Association Française de Nouvelle Hypnose, vous a demandé d’intervenir dans une de ses formations dont le thème était l’hypnose classique. Avez-vous été surpris de cette proposition ?</h6>
<p>JEC : Complètement ! C’était la première fois qu’une personne qui forme des professionnels du monde médical s’intéressait à ma pratique d’hypnose de rue. J’ai été très agréablement surpris, et j’ai évidemment saisi l’occasion de faire connaître ma pratique.</p>
<h6>JDP : Vous êtes intervenu pendant plus de trois heures devant les stagiaires, tous des professionnels. Comment avez-vous structuré votre intervention et quel a été votre fil conducteur ?</h6>
<p>JEC : Tous ces professionnels connaissaient déjà parfaitement l’hypnose Ericksonienne. Ils savaient donc déjà induire un état hypnotique à proprement parler. Par contre, ils n’étaient pas forcément familiers avec les inductions instantanées et les phénomènes hypnotiques.<br />
Ma démarche a donc été de leur proposer d’apprendre des techniques utilisées en hypnose de rue, pour les adapter ensuite à leurs pratiques médicales respectives. Que ce soient des médecins urgentistes, des psychiatres, des infirmiers, mon objectif était de leur apporter des outils supplémentaires pour leur faciliter la vie. Quand on doit hypnotiser une personne dans l’urgence, il faut que ce soit rapide. Et cela tombe bien, les techniques d’hypnose de rue sont rapides, très rapides. Il faut aussi emmener la personne dans l’état d’hypnose le plus profond possible. Là encore, on peut s’appuyer sur les phénomènes hypnotiques pour tester la transe et l’approfondir davantage.</p>
<h6>JDP : Vous avez insisté sur le fait que la personne hypnotisée « joue le jeu ». Y compris en thérapie ?</h6>
<p>JEC : Une personne qui résiste peut délibérément empêcher tout phénomène hypnotique de se réaliser. Mais ce n’est ni dans son intérêt, ni dans le nôtre. En revanche, on ne demande absolument pas de « faire semblant ». On recherche plutôt la notion d’ouverture d’esprit, de lâcher prise. Quelque part, il faut qu’elle accepte d’être surprise. Et très souvent, à force de jouer le jeu, on finit par se laisser prendre en jeu ! Et c’est là que l’hypnose prend tout son sens.</p>
<h6>JDP : Olivier Perrot vous avait demandé de consacrer une partie de votre exposé au traitement de la douleur par l’hypnose. Vous avez, à cette occasion, raconté une anecdote que vous avez vécue. Pouvez-vous nous la relater ?</h6>
<p>JEC : Nous étions trois, en train de nous amuser tout près de la place du Capitole à Toulouse. Deux amis que j’avais déjà hypnotisés, et qui avaient vécu une panoplie de phénomènes hypnotiques très larges, dont l’anesthésie.</p>
<p>A un moment donné, ils chahutent entre eux, l’ongle de Cassandre se déchire et reste accroché à la bague de Tony. Elle ne s’en rend compte que quelques secondes plus tard, et manque de s’évanouir devant tout ce sang. Complètement paniquée, elle se tord littéralement de douleur. J’essaye donc de la calmer en lui demandant de fermer les yeux et de se concentrer sur sa respiration. Pendant ce temps, je lui ai demandé de faire remonter à la surface toutes les ressources lui permettant de mettre en veille temporairement ce signal de douleur, le temps de l’emmener se soigner. Je lui ai parlé comme à un petit enfant : « La douleur c’est comme un signal d’alarme pour te prévenir que quelque chose ne va pas. Comme on est au courant de ce qui ne va pas désormais, il est préférable que la douleur disparaisse le temps que l’on aille jusqu’à la pharmacie la plus proche pour te soigner cette plaie. ».</p>
<p>Et c’était tout. Elle n’avait plus mal. Et la pharmacienne a ainsi pu lui apporter les premiers soins en toute tranquillité. Elle n’en revenait pas. Elle avait l’impression que Cassandre dormait paisiblement alors qu’elle était en train de déposer du désinfectant sur sa plaie, chose qui aurait dû la faire crier de douleur.</p>
<p>J’aime raconter cette anecdote, parce qu’elle montre bien à quel point l’apprentissage de l’hypnose permettrait de gérer bien plus facilement toutes les situations de cas d’urgences liées à la douleur notamment.</p>
<h6><strong> JDP : Avec le recul, comment analysez-vous votre intervention lors de la formation avec Olivier Perrot, intervention qui était une première pour vous ?</strong></h6>
<p>JEC : Une expérience très enrichissante. J’ai reçu depuis plusieurs mails de remerciement. Des personnes qui se disaient « résistantes » et à qui j’ai fait découvrir des phénomènes hypnotiques, des personnes qui sont ravies de pouvoir utiliser les quelques techniques que j’ai présentées, des personnes qui souhaiteraient assister à l’une de nos démonstrations dans la rue, des personnes qui ont apprécié l’état d’esprit de ma présentation. Humainement parlant, cette intervention m’a apporté bien plus que ce que je ne pouvais espérer.</p>
<h6>JDP : Vous avez dû remarquer avec quelle attention tous ces professionnels ont suivi vos explications et avec quelle chaleur ils vous ont applaudi à la fin. Un encouragement pour recommencer ?</h6>
<p>JEC : Oui, clairement !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.realites-hypnotiques.fr/jean-emmanuel-combe-de-lhypnose-de-rue-a-la-formation-de-professionnels/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
