<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Réalités Hypnotiques &#187; inconscient</title>
	<atom:link href="http://www.realites-hypnotiques.fr/tag/inconscient/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.realites-hypnotiques.fr</link>
	<description>Le Magazine de l&#039;Hypnose et des Neurosciences</description>
	<lastBuildDate>Sun, 04 Dec 2022 00:44:45 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=3.9.40</generator>
	<item>
		<title>L&#8217;intelligence subconsciente</title>
		<link>http://www.realites-hypnotiques.fr/lintelligence-subconsciente/</link>
		<comments>http://www.realites-hypnotiques.fr/lintelligence-subconsciente/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2013 10:23:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Garnier]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[La Pratique de l'Hypnose]]></category>
		<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[bernheim]]></category>
		<category><![CDATA[inconscient]]></category>
		<category><![CDATA[pierre janet]]></category>
		<category><![CDATA[subconscient]]></category>
		<category><![CDATA[suggestion post-hypnotique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.realites-hypnotiques.fr/?p=3461</guid>
		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, l&#8217;hypnose fascine. Et beaucoup rêvent d&#8217;une manière fiable et scientifique de comprendre ce qu&#8217;elle est. Mais au XIXème siècle, les psychiatres qui se l&#8217;approprièrent poursuivaient un autre Graal : comprendre l&#8217;humain. L&#8217;hypnose n&#8217;était qu&#8217;un outil leur permettant de créer des conditions expérimentales en vue de faire émerger les mécanismes psychiques et nerveux. Et c&#8217;est ainsi [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;hypnose fascine. Et beaucoup rêvent d&rsquo;une manière fiable et scientifique de comprendre ce qu&rsquo;elle est. Mais au XIXème siècle, les psychiatres qui se l&rsquo;approprièrent poursuivaient un autre Graal : comprendre l&rsquo;humain. L&rsquo;hypnose n&rsquo;était qu&rsquo;un outil leur permettant de créer des conditions expérimentales en vue de faire émerger les mécanismes psychiques et nerveux.</p>
<p>Et c&rsquo;est ainsi par l&rsquo;expérimentation qu&rsquo;ils observèrent ce qui n&rsquo;était jusque là, pour Leibniz et les philosophes, qu&rsquo;un objet de spéculation : l&rsquo;inconscient.</p>
<h2>Suggestions hypnotique et post-hypnotique</h2>
<p>Une personne sous hypnose n&rsquo;est pas une condition expérimentale qui fournisse beaucoup d&rsquo;informations. En réalité, ce qui est tout à fait précieux pour l&rsquo;observation, ce sont les phénomènes de la conscience qu&rsquo;autorise cet état, et parmi eux, un en particulier qui est indissociable de la découverte de l&rsquo;inconscient : la suggestion post-hypnotique.</p>
<p>Pour rappel, la suggestion hypnotique consiste à demander à une personne sous hypnose de faire quelque chose (mentalement ou physiquement). Alors la personne le fait, non pas comme elle le ferait d&rsquo;habitude, par décision volontaire, mais exécute l&rsquo;action de façon automatique, sans besoin d&rsquo;y réfléchir, à condition qu&rsquo;elle n&rsquo;y oppose pas de résistance. <strong>La suggestion <i>post-</i>hypnotique, quant à elle, consiste à demander à une personne de faire quelque chose (mentalement ou physiquement) plus tard, lorsqu&rsquo;elle ne sera plus en hypnose, après son réveil</strong>.</p>
<p>Prenons un exemple : Raymond est dans une profonde hypnose. Son hypnotiseur lui commande alors : <i>« Dimanche prochain, quand vous irez au marché, vous achèterez un rutabaga !».</i></p>
<div class="pullquote-wrapper right">
<div class="pullquote prociono"><b>La suggestion en hypnose est un mécanisme ; le subconscient est son lieu ; le langage est ce qui le détermine ; et la motivation est son carburant.</b></div>
</div>
<p>Si la suggestion post-hypnotique est menée de façon parfaite, Raymond ne se souviendra pas que l&rsquo;hypnotiseur le lui a demandé, et c&rsquo;est seulement devant le maraîcher du marché qu&rsquo;il aura une envie, ou un réflexe d&rsquo;acheter un rutabaga en question.</p>
<p>Il est possible qu&rsquo;il le fasse alors purement automatiquement et sans s&rsquo;en rendre compte, prêt à nier même avoir acheté un rutabaga. Il est également possible que Raymond trouve une bonne raison d&rsquo;acheter ce rutabaga afin de justifier son acte.</p>
<p>Cette suggestion post-hypnotique peut être ponctuelle, mais aussi répétitive. Exemple : <i>« Chaque dimanche, sur le marché, vous achèterez un rutabaga »</i>. Raymond pourra acheter son rutabaga pendant des années, ou bien cette suggestion s&rsquo;estompera plus ou moins rapidement, car elle manquera d&rsquo;un véritable mobile. En effet, la suggestion en hypnose est un mécanisme ; le subconscient est son lieu ; le langage est ce qui le détermine ; et la motivation est son carburant.</p>
<h2>Qui se souvient ? L&rsquo;hypothèse de l&rsquo;association</h2>
<p>Dans ces conditions, la suggestion post-hypnotique pose une question : si la personne a oublié le moment où l&rsquo;hypnotiseur lui a formulé la suggestion, et si la personne ne se souvient pas de ce qu&rsquo;on lui a demandé, qu&rsquo;est-ce qui s&rsquo;active en elle au moment venu ?</p>
<p>Si Raymond ne se souvient pas du contenu de la séance, qu&rsquo;est-ce qui, en lui, se souvient si bien qu&rsquo;il n&rsquo;oubliera même pas, le jour venu, d&rsquo;acheter un rutabaga sur le marché ?</p>
<p>Le docteur <a title="Charles Richet - Wikipedia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Richet" target="_blank">Charles Richet</a>  conclut à un mécanisme d&rsquo;association d&rsquo;idées.</p>
<p>Pour reprendre notre exemple, une association d&rsquo;idée serait créée artificiellement entre le marché et le rutabaga, l&rsquo;une faisant surgir l&rsquo;autre aussi sûrement que la petite musique de la phrase « 2+2 » fait surgir instantanément un « 4 » dans votre tête.</p>
<p>Raymond n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;y penser chaque jour. Il va au marché et, d&rsquo;un coup, l&rsquo;idée d&rsquo;acheter un rutabaga surgit aussi naturellement que si elle était une vieille habitude. Durant tout la semaine, cette association restait en latence. Et le mécanisme s&rsquo;active quand le déclencheur (Dimanche + marché) se présente.</p>
<p>Mais le philosophe <a title="Wikipedia - Paul Janet" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Janet_(philosophe)" target="_blank">Paul Janet</a> émet une réserve que son neveu, <a title="Wikipedia - Pierre Janet" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Janet" target="_blank">Pierre Janet</a>  fait sienne, au point de démontrer la faiblesse de cette explication.</p>
<p>En effet, que se passe-t-il si l&rsquo;on donne à Raymond une suggestion post-hypnotique du type suivant : <i>« Dans vingt-sept jours, vous irez chez le marchand acheter un rutabaga » ?</i></p>
<p>Alors l&rsquo;achat du rutabaga n&rsquo;est pas lié à son activité hebdomadaire d&rsquo;aller au marché. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;association d&rsquo;idées possible, car il n&rsquo;y a pas de déclencheur qui puisse être perçu. Le déclencheur consiste à compter les jours, sans s&rsquo;y perdre. Mais s&rsquo;il a oublié la suggestion, il ne compte pas les jours. Il n&rsquo;a aucune raison de le faire puisqu&rsquo;il ne se souvient pas de ce qu&rsquo;on lui a demandé.</p>
<p>Alors par quel phénomène, au matin du vingt-septième jour, émerge naturellement et automatiquement en Raymond l&rsquo;idée ou l&rsquo;automatisme de se rendre au magasin et d&rsquo;acheter un rutabaga ?</p>
<h2>L&rsquo;hypothèse de l&rsquo;oubli.</h2>
<p>Pierre Janet reprend un problème similaire posé par <a title="Wikipedia - Hippolyte Bernheim" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hippolyte_Bernheim" target="_blank">Hippolyte Bernheim</a> avant lui. Lorsqu&rsquo;une personne s&rsquo;endort avec dans l&rsquo;idée de se réveiller à telle heure précise, comment se passe ce réveil programmé ? A l&rsquo;époque de ces auteurs, il était commun de se réveiller de cette façon, sans le secours d&rsquo;aucune machine, et ce phénomène était encore très familier.</p>
<p>Bernheim explique ces réveils programmés par une hypothèse étonnante : l&rsquo;oubli. Il prétend que la personne, qui doit se réveiller à six heures, se réveille en réalité souvent dans la nuit pour vérifier si c&rsquo;est l&rsquo;heure de se réveiller, mais n&rsquo;en garde aucun souvenir. Au bout d&rsquo;un certain temps, sa vérification tombe juste et la personne se réveille. Ne se souvenant pas de s&rsquo;être réveillée régulièrement dans la nuit, il lui semble avoir fait une nuit continue et s&rsquo;être réveillée « comme par magie » au bon moment.</p>
<p>Bernheim explique également par l&rsquo;oubli la sélectivité des perceptions. Je dors paisiblement sans être dérangé par les bruits alentours. Tout se passe comme si je ne les entendais pas, comme si je ne les percevais pas. Pourtant, j&rsquo;entend soudain au loin qu&rsquo;on prononce mon prénom, et aussitôt ma vigilance revient et je m&rsquo;extirpe du sommeil pour répondre à la personne qui m&rsquo;appelle.</p>
<p>Pour Bernheim, j&rsquo;ai entendu tous les sons, et tous consciemment perçus, mais tous ceux qui n&rsquo;avaient aucune importance pour moi, je les ai aussitôt effacés de ma mémoire. Alors, lorsque j&rsquo;ai entendu mon prénom, je n&rsquo;ai fait que réagir autrement, et, au lieu d&rsquo;oublier cette perception, j&rsquo;ai décidé de la garder en mémoire et de me réveiller.</p>
<p>Cette hypothèse signifierait que Raymond, à qui on a demandé sous hypnose d&rsquo;acheter un rutabaga après vingt-sept jours, aurait quotidiennement une idée du type «<i> Aujourd&rsquo;hui ça fait x jours, non, ça n&rsquo;est pas encore aujourd&rsquo;hui que je dois aller acheter le rutabaga »</i>, avant d&rsquo;oublier aussitôt complètement cette pensée et tout ce qui s&rsquo;y rapporte.</p>
<p>Puis un jour, il se dirait «<i> aujourd&rsquo;hui, ça fait vingt-sept jours, c&rsquo;est aujourd&rsquo;hui que je dois aller acheter le rutabaga »</i>, alors il n&rsquo;aurait pas besoin de l&rsquo;oublier mais pourrait se rendre à l&rsquo;épicerie pour faire son achat. Il lui semblerait qu&rsquo;il avait complètement oublié cette suggestion depuis la séance, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a jamais repensé avant ce jour. Toutes les fois où la personne réfléchit pour être bien sûre de faire ce qu&rsquo;on lui demande s&rsquo;effacerait pour donner l&rsquo;illusion que la suggestion se déclenche d&rsquo;elle-même au moment propice.</p>
<h2><i>Compter, penser, sans le savoir ?</i></h2>
<p>Que penser de cette explication ? Pierre Janet reprend l&rsquo;expérience de Bernheim, mais il n&rsquo;est pas encore satisfait par sa conclusion<strong>.</strong></p>
<p>Il arrive que des personnes qui doivent se réveiller à telle heure précise craignent tant de ne pas se réveiller qu&rsquo;elles s&rsquo;agitent, dorment à peine, et vérifient sans cesse l&rsquo;heure qu&rsquo;il est. Mais ça n&rsquo;est pas le cas le plus fréquent, sinon toutes les personnes qui se réveillent naturellement à la bonne heure serait relativement fatiguée par une nuit passée à guetter l&rsquo;horloge. En réalité, le plus souvent, la personne dort paisiblement et se réveille tout simplement aux alentours de l&rsquo;heure décidée, et parfois à l&rsquo;heure précise.</p>
<p>Si on surveille Raymond, on s’apercevra qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas un moment dans la journée où il prend le temps de compter les jours et de se demander s&rsquo;il doit acheter ou non son rutabaga. Ainsi, pour Janet, l&rsquo;oubli ne peut pas seul expliquer la suggestion post-hypnotique.</p>
<div class="pullquote-wrapper left">
<div class="pullquote prociono">On peut inconsciemment calculer, résoudre un problème, prendre des décisions, élaborer un plan, composer un poème, créer une oeuvre d&rsquo;art, exprimer un désir, voir, entendre, sentir etc.</div>
</div>
<p>Selon lui, nous pouvons compter, sans pour autant être conscient que nous comptons. Ainsi nous pouvons compter des jours, des heures, des minutes, totalement inconsciemment, pour pouvoir, par exemple, exécuter une suggestion avec une grande ponctualité, même des années après une séance d&rsquo;hypnose.</p>
<p>Et cela n&rsquo;a rien d&rsquo;extraordinaire. On peut non seulement compter inconsciemment, mais encore calculer, résoudre un problème, prendre des décisions, élaborer un plan, composer un poème, créer une œuvre d&rsquo;art, exprimer un désir, voir, entendre, sentir, etc&#8230; Janet en veut pour preuve les rêves, mais encore diverses expériences de suggestion post-hypnotique et d&rsquo;écriture inconsciente.</p>
<p>Pierre Janet décrit plusieurs expériences édifiantes dont la suivante. Il propose à une femme en état de somnambulisme hypnotique la suggestion post-hypnotique suivante : <i>« Quand j&rsquo;aurais frappé dans mes mains, vous aller multiplier par écrit 739 par 42 »</i>. Puis il relate le déroulé :</p>
<p><i>« La main droite écrit régulièrement les chiffres, fait l&rsquo;opération et ne s&rsquo;arrête que lorsque tout est fini. Pendant tout ce temps, Lucie, bien éveillée, me racontait l&rsquo;emploi de sa journée et ne s&rsquo;était pas arrêtée une fois de parler pendant que sa main droite calculait correctement. Je voulais laisser plus d&rsquo;indépendance à cette intelligence singulière. « Vous écrirez une lettre quelconque. » Voici ce qu&rsquo;elle écrivit sans le savoir, une fois réveillée : « Madame, je ne puis venir dimanche, comme il était entendu ; je vous prie de m&rsquo;excuser. Je me ferais un plaisir de venir avec vous, mais je ne puis accepter pour ce jour. Votre amie, Lucie. &#8211; P.S. &#8211; Bien des choses aux enfants, s.v.p. » Cette lettre automatique est correcte et indique une certaine réflexion. Lucie parlait de tout autre chose et répondait à plusieurs personnes pendant qu&rsquo;elle l&rsquo;écrivait. D&rsquo;ailleurs, elle ne comprit rien à cette lettre quand je la lui montrai et soutint que j&rsquo;avais copié son écriture. Chose assez curieuse, quand je voulus recommencer cette expérience, Lucie écrivit une seconde fois la même lettre sans changer un mot. »</i></p>
<h2>Sous la conscience</h2>
<div class="pullquote-wrapper right">
<div class="pullquote prociono">Nous réfléchissons, comprenons, jugeons, calculons, décidons, aussi bien sur la scène de notre conscience, que dans la coulisse de notre intelligence subconsciente.</div>
</div>
<p>Pour Janet, cela ne fait aucun doute : l&rsquo;intelligence humaine n&rsquo;est pas seulement une activité consciente. Nous disposons d&rsquo;une intelligence inconsciente. Enfin plutôt « subconsciente ». En effet, le terme d&rsquo;inconscient signifierait qu&rsquo;il y a un pur automatisme sans pensée. Or, on nomme précisément « conscience », nous dit-il, ce type de pensée qui agrège et synthétise les percepts de façon complexe. Il s&rsquo;agirait donc d&rsquo;une « autre conscience ». Une pensée qui posséderait sa conscience propre mais qui nous échapperait à tout instant parce qu&rsquo;elle se situe « en dessous » de notre conscience. D&rsquo;où son choix du terme « subconscient ». <b>Nous réfléchissons, comprenons, jugeons, calculons, décidons, aussi bien sur la scène de notre conscience, que dans la coulisse</b>, nous dit-il,<b> de notre intelligence subconsciente.</b></p>
<h4>Les sens du subconscient</h4>
<p><b>La suggestion post-hypnotique se présente </b>donc<b> comme le phénomène qui met en évidence l&rsquo;intelligence subconsciente.</b> Janet poursuit ses investigations pour comprendre si ce personnage inconscient, « à l&rsquo;arrière de notre esprit » comme aimait à dire Milton Erickson, est capable de sensations et de perceptions.</p>
<p>Pour cela Janet expérimente un autre phénomène de l&rsquo;hypnose : l&rsquo;anesthésie. Il s&rsquo;agit du fait de ne pas percevoir quelque chose qui se présente pourtant à l&rsquo;un de nos sens.</p>
<div class="pullquote-wrapper left">
<div class="pullquote prociono">La suggestion post-hypnotique se présente donc comme le phénomène qui met en évidence l&rsquo;intelligence subconsciente.</div>
</div>
<p>L&rsquo;anesthésie peut être complète et concerner tout un sens. Par exemple, une anesthésie visuelle complète consisterait à ne rien voir, alors que les yeux sont ouverts et qu&rsquo;aucune lésion ne les empêche physiologiquement de voir. L&rsquo;anesthésie partielle, si on reste sur l&rsquo;exemple de la vision, consiste à ne pas voir, par exemple, tel ou tel objet qui est pourtant bien là dans notre champ de vision. Il est fréquent qu&rsquo;une personne cherche ce qui pourtant est en évidence devant elle sans arriver à le voir. Et en hypnose, il est possible de suggérer cette vision sélective.</p>
<p>L&rsquo;anesthésie partielle auditive nous est bien plus familière : mettez toute une liste de chanson en fond sonore pendant que vous êtes très occupé à lire ou à travailler sur quelque chose. A la fin, essayez de vous souvenir de toutes les chansons entendues. Il est tout à fait probable que vous n’ayez aucun souvenir d&rsquo;avoir entendu certaines chansons, même en cherchant bien, tellement vous étiez concentrés sur ce que vous faisiez. Et ça n&rsquo;est que vous les avez entendues puis oubliées, car même en relisant la liste des chansons, vous pouvez ne pas retrouver leur trace dans votre mémoire.</p>
<p>Bien sûr, l&rsquo;anesthésie qui vient immédiatement à l&rsquo;esprit quand on prononce ce mot, est celle du toucher, du « tact » comme on disait au XIXe siècle : si j&rsquo;éprouve une anesthésie du bras gauche, je ne saurais pas dire, les yeux fermés, si quelqu&rsquo;un touche mon bras, le pique ou le pince, car je ne le sentirai plus.</p>
<p>Pierre Janet impose le terme d&rsquo;anesthésie qu&rsquo;il trouve plus exact que l&rsquo;expression « hallucination négative ». Or, c&rsquo;est cet outil qui, tout comme la suggestion post-hypnotique, lui fournira un moyen d&rsquo;observer comment le subconscient ressent. Il cite une expérience menée par Charles Féré et Alfred Binet que l&rsquo;on peut synthétiser ainsi :</p>
<p>Prenons un sujet, plongeons-le dans un profond somnambulisme hypnotique. Devant lui, plaçons divers cartons. Ils diffèrent les uns des autres par de subtiles détails qui nécessitent un examen minutieux. Cependant, on lui en désigne un qu&rsquo;on lui suggère de ne pas voir à son réveil.</p>
<p>On réveille le sujet qui ne garde aucun souvenir de ce qu&rsquo;on lui a demandé. Les cartons sont mélangés et posés devant lui. On demande alors au sujet réveillé de prendre les cartons et de les poser dans une boîte. Il omet systématiquement celui qui lui a été désigné. Il semble sincèrement ne pas le voir. Il jure avoir donné tous les cartons. Et si on lui soutient qu&rsquo;il en reste un, il soutient le contraire, et peut se mettre à le chercher, toujours sans le voir.</p>
<p>La question posée est la suivante : est-ce que le sujet devient réellement aveugle de ce carton, développe-t-il une cécité partielle, ou s&rsquo;agit-il d&rsquo;un autre phénomène ? Binet et Féré nous disent :</p>
<p><i>« Il faut que le sujet reconnaisse cet objet pour ne pas le voir&#8230;la reconnaissance du carton, qui exige une opération délicate et très complexe, aboutit cependant à un phénomène d&rsquo;anesthésie ; il est donc probable que cet acte se passe tout entier dans l&rsquo;inconscient&#8230; </i><i><b>il y a un raisonnement inconscient qui précède, prépare et guide le phénomène d&rsquo;anesthésie. </b></i><i>»</i></p>
<p>C&rsquo;est tout le paradoxe : il faut voir le carton pour le reconnaître et ainsi savoir que c&rsquo;est celui-ci qu&rsquo;il ne faut pas voir consciemment. Non seulement il faut le voir, mais avec une acuité certaine puisqu&rsquo;il observer attentivement les détails par lesquels il diffère des autres.</p>
<p>Qu&rsquo;est-ce que cela montre ? Et bien que la seconde conscience qui échappe à la nôtre et pourtant se produit dedans nous peut aussi bien s&rsquo;approprier des fonctions cognitives que des l&rsquo;observations par les sens (sensations). Elle n&rsquo;est pas qu&rsquo;une force de calcul mais encore une conscience sensible.</p>
<p>Janet précise :</p>
<p><i>« Dans la suggestion d&rsquo;anesthésie systématisée, la sensation n&rsquo;est pas supprimée et ne peut pas l&rsquo;être, elle est simplement déplacée, elle est enlevée à la conscience normale, mais peut être retrouvée comme faisant partie d&rsquo;un autre groupe de phénomènes, d&rsquo;une sorte d&rsquo;autre conscience. »</i></p>
<h4>L&rsquo;écrivain subconscient</h4>
<p>Nous avons donc une capacité à compter, calculer, penser, et même sentir, voir et entendre, sans le savoir. Reste encore une étape importante, c&rsquo;est de comprendre si cette intelligence subconsciente est capable d&rsquo;autres caractères plus complexe de la personnalité comme le jugement, l&rsquo;émotion, etc&#8230; Et après la suggestion post-hypnotique et l&rsquo;anesthésie, c&rsquo;est un troisième outil qui fournit aux pionniers de la psychologie une observation riche et précieuse : l&rsquo;écriture automatique.</p>
<p>Ainsi, comme nous l&rsquo;avons vu, les expérimentateurs peuvent à loisir demander à un sujet bien entraîner de tenir une conversation tandis que son bras, qui lui est caché, écrit sur une feuille des réponses à des questions, le tout sans que la personne n&rsquo;entende consciemment les questions ni ne connaisse les réponses. Ainsi, la compréhension des questions, la réflexion menée, la réponse élaborée et l&rsquo;acte même d&rsquo;écrire la réponse se produisent sans que la personne n&rsquo;en ait conscience. Et pourtant, tout cela se produit bien en elle. L&rsquo;écriture automatique peut donc être menée par distraction comme dans l&rsquo;exemple cité plus haut.</p>
<p>Mais encore, sans qu&rsquo;on n&rsquo;ait besoin d&rsquo;occuper son attention, on peut obtenir d&rsquo;une personne en hypnose profonde et entraînée à cela qu&rsquo;elle écrive de façon parfaitement inconsciente, notamment grâce à l&rsquo;anesthésie hypnotique.</p>
<h4>Le stratège inconscient</h4>
<p>Je me souviens d&rsquo;avoir accompagné pendant une période un violoniste qui souhaitait faire un travail sur ses émotions, afin de les mettre au service de son interprétation et non pas de se laisser envahir par elles au détriment de son jeu.</p>
<p>Un jour, il m&rsquo;appelle pour avancer notre rendez-vous. <i>« Il s&rsquo;est passé quelque chose de bizarre et j&rsquo;aimerais qu&rsquo;on travaille dessus si c&rsquo;est possible ».</i> Je le reçois donc quelques jours plus tard. <i>« Voilà, je dois travailler un concerto de Chausson, mais c&rsquo;est très bizarre, à la première note, je suis saisi d&rsquo;un trac intense, et je me crispe tellement que je n&rsquo;arrive pas à sortir un son. Tous les autres morceaux, ça va. Mais déjà quand je pose la partition de ce concerto sur le pupitre je sens la tension monter. »</i></p>
<p>Nous voilà donc parti dans tout un travail qui n&rsquo;aboutit pas à grand chose de satisfaisant. Ce violoniste n&rsquo;était pas un sujet particulièrement doué pour l&rsquo;hypnose à la base, mais comme nous avions consacré la première séance à l&rsquo;y entraîner et que les autres séances avaient été l&rsquo;occasion de bien approfondir cet apprentissage, il était désormais tout-à-fait capable d&rsquo;entrer dans un état profond où il pouvait recevoir une suggestion post-hypnotique et ne pas s&rsquo;en rappeler au réveil.</p>
<p>Plongé dans cet état, je lui ai donc suggéré : <i>« Tout à l&rsquo;heure, juste après cette séance, je vous inviterai à vous lever, nous discuterons, je vous inviterai à vous asseoir à la table, alors vous prendrez un stylo, et sans y réfléchir du tout, vous écrirez de façon détaillée pourquoi vous vous sentez si mal face à ce morceau et ce qu&rsquo;il faut faire pour que vous vous sentiez mieux ». </i>C&rsquo;est en effet un recours bien précieux à notre disposition, de pouvoir, lorsqu&rsquo;on nous ne savons plus comment aider l&rsquo;autre, demander la solution à son propre inconscient.</p>
<p>Je craignais que, assis à la table, il ne se passât rien, car les suggestions post-hypnotiques n&rsquo;aboutissent pas toujours. Et en effet, quand après son réveil, je l&rsquo;ai invité à se lever du fauteuil et à s&rsquo;asseoir à la table, il s&rsquo;est assis et a continué de discuter comme si de rien n&rsquo;était.</p>
<p>Pour tenter de réveiller la suggestion, j&rsquo;ai pris le stylo et je lui ai tendu. Il aurait pu le regarder en disant <i>« Qu-&rsquo;est-ce que vous voulez que je fasse ? Que j&rsquo;écrive quelque chose ? », </i>alors j&rsquo;aurais compris que ma suggestion avait échouée. Mais au lieu de cela, il a fixé un long moment le stylo en silence, l&rsquo;a saisi, sa respiration était légèrement plus rapide, et, ne regardant pas directement la feuille mais légèrement à côté, a laissé sa main, quelque peu rigide écrire en grosses lettres enfantines sur le papier. Il n&rsquo;est pas entré dans les détails comme je l&rsquo;avais suggéré mais il a écrit : <i>« A la centiem mesur, tout ira mieu ».</i> Il n&rsquo;est pas rare que l&rsquo;écriture inconsciente soit plus efficace que correcte et truffée d&rsquo;abréviation.</p>
<p>Puis il a laissé tomber le stylo, inspiré profondément et m&rsquo;a regardé avec un regard à nouveau vif et réveillé. Il a regardé la feuille où étaient écrit les mots et a semblé comprendre ce qui venait de se passer.</p>
<p>Je lui ai demandé s&rsquo;il savait ce que ça voulait dire, et il m&rsquo;a répondu du tac au tac : <i>« Il faut que je me force »</i>. Quelques jours plus tard, il m&rsquo;envoyait un e-mail pour me dire qu&rsquo;il s&rsquo;était forcé à jouer le concerto de Chausson malgré son état et l&rsquo;horrible son qui sortait du violon sous ses mains crispées et tremblantes, et qu&rsquo;au bout d&rsquo;un moment il s&rsquo;était trouvé beaucoup mieux. Et depuis, d&rsquo;une manière générale, il ne subissait plus son émotion mais apprenait jours après jour à la mettre au service d&rsquo;une interprétation plus « humaine ».</p>
<p>Dans cet exemple, l&rsquo;écriture automatique met en évidence l&rsquo;existence, chez ce violoniste, d&rsquo;une pensée subconsciente capable de résoudre un problème, de lui apprendre à gérer ses émotions, de concevoir une épreuve d&rsquo;apprentissage, d&rsquo;exprimer de façon synthétique la consigne pour cette étape, etc&#8230; On serait même tenter de peut même attribuer à ce subconscient une pensée stratégique.</p>
<p>L&rsquo;écriture a cette avantage qu&rsquo;elle est un langage qui peut, aussi bien que la parole, témoigner de façon complexe, émettre un avis, décrire, discuter, disputer, argumenter, etc&#8230; Et grâce à cet outil, on peut montrer que toutes les capacités de la conscience sont accessibles au subconscient.</p>
<p>En outre, il est possible même que le subconscient décrive une émotion, qui pourtant n&rsquo;est pas ressentie par la personne. C&rsquo;est pour cela que la découverte collégiale de ces chercheurs, portée au niveau du génie par Pierre Janet, n&rsquo;est pas celle d&rsquo;une simple capacité inconsciente de calcul, d&rsquo;une intelligence ou d&rsquo;une automatisme complexe, mais d&rsquo;une conscience subconsciente capable d&rsquo;une véritable existence, de points de vue, d&rsquo;émotions</p>
<p>Et c&rsquo;est sur la base de ce constat que s&rsquo;est édifié par la suite toute la pratique de la communication à double-niveau dont nous sommes encore aujourd&rsquo;hui les héritiers. Et outre, c&rsquo;est précisément cette découverte qui a ouvert la voix à un usage thérapeutique de la suggestion.</p>
<h2>Dépoussiérer les classiques</h2>
<div class="pullquote-wrapper left">
<div class="pullquote prociono">L&rsquo;Hypnose peut se présenter comme un outil de science beaucoup plus facilement que comme un objet de science</div>
</div>
<p>C&rsquo;est à plusieurs égards qu&rsquo;il semblait fondamental de revenir sur ce passage de l&rsquo;histoire de la psychologie expérimentale. D&rsquo;abord, pour rappeler que <b>l&rsquo;hypnose</b>, tellement médiatisée de nos jours pour ses applications thérapeutiques, permet des observations précieuses du fonctionnement de la pensée humaine, et <b>peut se présenter comme un outil de science beaucoup plus facilement que comme un objet de science</b>. Mais encore, parce qu&rsquo;à l&rsquo;heure où certains voudraient attribuer la découverte de l&rsquo;inconscient au génie d&rsquo;un seul homme, il importe de se souvenir qu&rsquo;il n&rsquo;y a jamais un savant qui sorte de son chapeau une découverte aussi fondamentale, mais qu&rsquo;elle résulte de la contribution successive et collective de nombreux chercheurs dévoués à leur science. Cette découverte est certainement largement sous-estimée aujourd&rsquo;hui, et la méthode expérimentale reposant sur la suggestion est à tort considérée comme dépassée à l&rsquo;ère de la technologie. Désormais, la suggestion et l&rsquo;hypnose sont étudiés pour eux-mêmes et la question de la conscience est abandonnée aux neurosciences. Espérons que les tenants de l&rsquo;hypnose sauront à nouveau trouver leur place dans cette exploration. La découverte des niveaux de conscience, superbe coda d&rsquo;un siècle de génie, est la préface d&rsquo;un grand livre dont l&rsquo;humanité, près de cent vingt ans plus tard, tourne encore les pages du premier chapitre.</p>
<p><strong>Antoine Garnier</strong></p>
<p>Références :</p>
<p>Janet (Pierre), <i>L&rsquo;automatisme psychologique, </i>1889</p>
<p>Janet (Paul), <i>Revue littéraire</i>, 1884</p>
<p>Richet, <i>Revue littéraire, </i>1884</p>
<p>Bernheim, <i>De la suggestion, </i>1886 ; <i>Revue philosophique</i>, 1885</p>
<p>Liébault , <i>Du sommeil</i> <i>et des états analogues, </i>1866</p>
<p>Binet et Féré, <i>Archives de Physiologie,</i> 1887<i>, Revue Philosophique, </i>1885</p>
<p>Leibniz, <i>Principes de la nature et de la grâce, </i>1714</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.realites-hypnotiques.fr/lintelligence-subconsciente/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Conscient / Inconscient, une réalité physiologique ?</title>
		<link>http://www.realites-hypnotiques.fr/conscient-inconscient/</link>
		<comments>http://www.realites-hypnotiques.fr/conscient-inconscient/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 12 Mar 2013 13:11:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Dominique Paoli]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences et Recherches]]></category>
		<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[amygdale]]></category>
		<category><![CDATA[inconscient]]></category>
		<category><![CDATA[physiologique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.realites-hypnotiques.fr/?p=3203</guid>
		<description><![CDATA[Sur un chemin de campagne arrive un couple bizarre, désassorti, se déplaçant ensemble mais sans être au même pas. Au loin les ailes de quelques moulins. L’un des personnages, grand, maigre, chevauche un cheval efflanqué, l’autre, rondouillard se fait secouer sur l’échine d’un âne. A mesure qu’ils s’approchent, leurs voix se font entendre. Le grand [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Sur un chemin de campagne arrive un couple bizarre, désassorti, se déplaçant ensemble mais sans être au même pas. Au loin les ailes de quelques moulins. L’un des personnages, grand, maigre, chevauche un cheval efflanqué, l’autre, rondouillard se fait secouer sur l’échine d’un âne. A mesure qu’ils s’approchent, leurs voix se font entendre. Le grand a le verbe fort, on le devine hâbleur et bagarreur. Le petit gros s’exprime d’une voix aigüe, geignant, se plaignant d’avoir tout à gérer à tout moment, alors que le grand échalas n’en fait qu’à sa tête et n’écoute jamais ses conseils. D’ailleurs, celui-ci ne l’écoute même plus, il fonce au galop en direction des moulins.</p>
<p>Chacun aura reconnu Don Quichotte et Sancho Pança, les deux héros de Cervantès, que le psychiatre et hypnothérapeute Dominique Megglé (dans « Erickson, hypnose et psychothérapie »), utilise comme métaphore du conscient/inconscient. Un conscient qui décide, parfois par des décisions contraires aux intérêts de cette singulière équipe, un inconscient qui gère au mieux ces intérêts, veillant jour et nuit, mais qui n’a pas le pouvoir de décider.<br />
La notion conscient/inconscient est à la base de l’hypnose. La transe hypnotique se traduit par un « débranchement » des facultés conscientes du sujet au profit d’une connexion avec son inconscient. Même devant ce fait, la notion d’inconscient est restée longtemps comme une vue de l’esprit. Freud a toujours regretté de ne pouvoir prouver sa théorie de l’inconscient par des explications physiologiques, au point de refuser de publier certains de ses travaux sur le sujet. Il aura fallu attendre la toute fin du XXè siècle, et l’arrivée des moyens d’exploration du cerveau par l’imagerie médicale, pour que <a title="Wikipedia Antonio Damasio" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Antonio_Damasio" target="_blank">Antonio Damasio</a> valide scientifiquement la notion d’inconscient.</p>
<p>Nous avons choisi d’expliquer la réalité conscient/inconscient à travers trois auteurs marquants du début du 21è siècle, qui ont étudié cette dualité cérébrale.</p>
<p>Dans son ouvrage « Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse » (2003) <a title="Wikipedia David Servan Schreiber" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Servan-Schreiber" target="_blank">David Servan-Schreiber</a> , psychiatre français qui a étudié et exercé aux Etats-Unis, propose une explication basée sur l’existence de deux cerveaux en un, reprenant ainsi la théorie développée par Damasio quelques années auparavant. A la même époque, <a title="Wikipedia Daniel Goleman" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Goleman" target="_blank">Daniel Goleman</a>, propose une analyse semblable pour introduire sa théorie de l’ « intelligence émotionnelle ». Quant à <a title="Wikipedia Joseph LeDoux" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_LeDoux" target="_blank">Joseph LeDoux</a>, s’il reprend le même schéma explicatif, c’est par la voie de l’étude physiologique et de l’architecture du cerveau, aidé en cela par les techniques d’investigation récentes, notamment les <a title="Wikipedia IRMf" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/IRMf" target="_blank">IRMf</a> .</p>
<h2>Deux cerveaux en un</h2>
<div class="pullquote-wrapper left">
<div class="pullquote prociono"><strong>A l’intérieur de l’enveloppe cervicale se trouve le « cerveau dans le cerveau »</strong></div>
</div>
<p>D. Servan-Schreiber explique qu’ à l’intérieur de l’enveloppe cervicale se trouve le « cerveau dans le cerveau ». C’est à dire le cerveau d’origine de l’espèce humaine, qui gère les fonctions vitales de notre organisme, et donc notre survie, ainsi que nos émotions. Il s’agit du cerveau « limbique », (qui intègre le cerveau reptilien), profond, qui n’avait à gérer au début de l’humanité que la survie et les émotions, notamment la peur face aux dangers de toutes sortes. D. Servan-Schreiber l’appelle <em>cerveau émotionnel</em>.</p>
<p>L’autre partie du cerveau s’est développée avec les besoins de l’espèce humaine, le langage et la pensée. Des couches supplémentaires ont entouré le cerveau limbique pour créer le néocortex, la « nouvelle écorce ». Il s’agit du <em>cerveau cognitif</em>, ou rationnel.</p>
<p>Le cerveau émotionnel existait bien avant le cerveau rationnel. Ce dernier s’est développé à partir de l’émotionnel, d’où une relation très particulière entre la pensée et l’émotion.</p>
<h2>Le cerveau émotionnel</h2>
<p>Le cerveau émotionnel fonctionne indépendamment du cerveau cognitif. Son rôle est essentiel dans l’équilibre des fonctions vitales qui nous maintiennent en vie : respiration, rythme cardiaque, pression artérielle, sommeil, etc… Il est le siège de toutes nos émotions, peur, colère, anxiété&#8230;, qui sont des mécanismes d’urgence de protection de notre intégrité.<br />
Langage et cognition n’ont sur lui qu’une influence limitée : on ne peut commander à une émotion d’augmenter ou de disparaître de la même façon que l’on peut demander à son esprit de parler ou de se taire.<br />
La structure du cerveau émotionnel est plus simple que celle du néocortex. Le langage direct et logique semble lui être étranger, mais il réagit au langage symbolique (métaphores). En revanche il est plus rapide et adapté à des réactions nécessaires à la survie. Par exemple, en présence d’un danger, il déclenche la réaction de survie qui lui semble la plus adaptée, mais pas forcément pertinente, avant que le cerveau cognitif ait pu évaluer complètement la situation et peut-être proposer une réaction plus rationnelle.</p>
<p><a href="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/03/serpent.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-3266" alt="serpent 150x150 Conscient / Inconscient, une réalité physiologique ?" src="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/03/serpent-150x150.jpg" width="150" height="150" title="Conscient / Inconscient, une réalité physiologique ?" /></a>Vous marchez dans la campagne, une forme noire, allongée, attire votre attention dans l’herbe. Avant que le cerveau cognitif ait eu le temps d‘analyser cette forme, votre cerveau émotionnel, à partir d’informations partielles et dans le but de vous protéger, a figé votre geste de marche, envoyé des instructions pour que le cœur augmente son débit, envoyant ainsi plus de sang dans vos jambes, ce qui vous permet de fuir au plus vite si nécessaire. Vos pupilles se dilatent, vos poils se dressent…C’est seulement alors que vous parvient l’analyse du cerveau cognitif, est-ce ou non un serpent, qui vous permet de prendre une décision.</p>
<p>Le cerveau émotionnel est plus en phase avec le corps que le cerveau cognitif. Pour cette raison il est plus facile d’accéder aux émotions par le corps et les sens (gestes, toucher, sons, saveurs, senteurs) que par la parole. Ces voies d’accès corporelles au cerveau émotionnel sont souvent plus puissantes que le langage.</p>
<h2>Le cerveau cognitif</h2>
<p>Il contrôle la cognition, le langage et le raisonnement. Réflexion, abstraction, planification, décision sont son domaine. Sa réaction fait intervenir un grand nombre de circuits neuronaux, elle est donc plus lente. Il évalue d’abord la situation, la réaction vient ensuite, les jugements sont a priori plus judicieux.</p>
<p>Remarque : à ce stade de l’explication, la similitude émotionnel/inconscient et cognitif/conscient est patente, au sens où on l’entend en hypnose. Pour la suite du développement, cette similitude devra rester présente à l’esprit.</p>
<h2>Conflit entre les deux cerveaux</h2>
<div class="pullquote-wrapper left">
<div class="pullquote prociono">Le cerveau émotionnel est doté d’une puissance lui permettant d’inhiber, de « débrancher » le cerveau cognitif.</div>
</div>
<p>En présence d’une information extérieure, les deux cerveaux peuvent se disputer le contrôle du comportement, ce qui peut donner lieu à un court-circuit émotionnel.<br />
Le cerveau émotionnel est doté d’une puissance lui permettant d’inhiber, de « débrancher » le cerveau cognitif. Cette capacité est liée au fait qu’il veille en permanence sur notre survie, surveille l’environnement en arrière-plan et prend des décisions de protection. Qu’un danger survienne, ou au contraire une opportunité d’augmenter la survie (partenaire possible, bien matériel utile), il interrompt en quelques millisecondes l’activité du cerveau cognitif. Ce sont alors les actions instinctives qui prennent le dessus.</p>
<p><a href="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/03/terrassecafe.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-3269" alt="terrassecafe 150x150 Conscient / Inconscient, une réalité physiologique ?" src="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/03/terrassecafe-150x150.jpg" width="150" height="150" title="Conscient / Inconscient, une réalité physiologique ?" /></a>Avec humour, D. Servan-Schreiber prend l’exemple de deux hommes en train de discuter à une terrasse de café. Passe alors une jolie paire de gambettes féminines…partenaire éventuelle de perpétuation de l’espèce… la conversation se fige, les regards se focalisent, la gorge est sèche… le cerveau émotionnel s’est imposé…</p>
<p>L’évolution de l’espèce donne la priorité au cerveau émotionnel quand il y a urgence, quand la survie est en jeu. Ce processus qui date de centaines de milliers d’années nous est encore utile dans la vie quotidienne. En tout cas aux terrasses de café…<br />
La domination par le cerveau émotionnel présente cependant le risque que nous perdions le contrôle du flux de nos pensées, que nous soyons conduits à des actes irréfléchis (impulsions, violence, …) si nos réactions ne sont pas bien calibrées. Les émotions peuvent échapper à tout contrôle rationnel d’où une incapacité à nous maîtriser (colère, peur, jalousie), ce qui est la plupart du temps contraire à nos intérêts personnels et relationnels. Le cerveau cognitif a beau se rendre compte alors que cet afflux d’émotion n’a pas de sens, il est débranché et n’est pas en mesure de proposer une réponse rationnelle à la situation. Il en est ainsi, par exemple, du rougissement incontrôlable ou du blocage au moment de prendre la parole en public.</p>
<h2>L’explication physiologique de nos réactions émotionnelles</h2>
<p><a href="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/03/cerveauvinci.gif"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-3302" alt="cerveauvinci 150x150 Conscient / Inconscient, une réalité physiologique ?" src="http://www.realites-hypnotiques.fr/wp-content/uploads/2013/03/cerveauvinci-150x150.gif" width="150" height="150" title="Conscient / Inconscient, une réalité physiologique ?" /></a>L’explication physiologique de ce phénomène a été donnée en premier par Joseph LeDoux, neurologue américain. Tout ce que nous mémorisons passe par l’hippocampe, sorte de bibliothécaire qui étiquette et range les informations reçues. Si cette information se double d’une émotion, l’amygdale, glande du cerveau limbique par laquelle transitent toutes nos émotions, entre en jeu.</p>
<p><strong> Chaque type d’émotion est</strong> doté d’un marqueur biologique propre reconnu par l’amygdale et qui active celle-ci. Elle booste alors l’hippocampe afin qu’une mémorisation particulière soit réservée à l’information concernée. C’est la raison pour laquelle nous nous souvenons bien d’évènements qui ont donné lieu à une émotion.</p>
<p>La mémorisation est automatique, sans intervention du cerveau conscient. Dans les réserves de notre cerveau le couple amygdale/hippocampe range soigneusement ce qui nous a émus.
<div class="pullquote-wrapper right">
<div class="pullquote prociono">Chaque type d’émotion est reconnu par l’amygdale et active celle-ci afin qu’une mémorisation particulière soit réservée à l’information concernée.</div>
</div>
<p>Nous ignorons tout ce qui est ainsi mémorisé. Pour que le souvenir revienne, une situation analogue devra se présenter, sinon il ne sera jamais réactivé :<br />
<em>« Ces souvenirs abandonnés depuis si longtemps hors de la mémoire, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience… Mais quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, nos émotions restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir… »</em><br />
Marcel Proust « Du côté de chez Swann ».</p>
<p>Dommage qu’un texte aussi sublime, et aussi visionnaire sur le fonctionnement du cerveau émotionnel, ait été réduit à l’expression « madeleine de Proust »&#8230;</p>
<p>En retrouvant par hasard le goût d’une madeleine, Proust voit resurgir le souvenir de sa tante, du village où elle vivait, des voix de ses copains d’enfance. L’amygdale s’est souvenue et a réactivé « la gouttelette presque impalpable du souvenir ».</p>
<p>En l’espèce un souvenir heureux. Mais la mémoire des émotions ne fait pas le tri.</p>
<p>Si vous avez eu un jour un accident sur une route, lorsque vous repassez par le même endroit l’hippocampe vous rappelle le fait brut, l’accident, et l’amygdale ajoute sa dose d’émotion sous forme d’une poussée d’anxiété qui se manifeste par des mains moites, une accélération du rythme cardiaque&#8230;</p>
<p>L’amygdale/hippocampe enregistre, entretient ainsi tout un registre de souvenirs + émotion sans que nous en soyons conscients. Et cela peut remonter à loin, car cette glande est très vite opérationnelle chez l’enfant, ce qui explique que des routines nées parfois dans la prime enfance sont fortement ancrées dans la mémoire inconsciente.</p>
<p>La mémorisation porte aussi sur la réaction proposée au moment des évènements par le cerveau émotionnel. Si bien que, face à une nouvelle situation émotionnelle, l’amygdale prévenue très rapidement et directement par un réseau spécial de neurones, comme une sorte de « ligne directe », va passer en revue tout son répertoire de souvenirs et de réactions afin de trouver une réponse qu’elle juge adaptée.<br />
L’inconvénient est qu’elle ne sait pas faire d’analyse, elle procède par association, par analogie, entre des évènements passés et actuels d’où une réaction souvent inadaptée, basée sur des routines qui se sont créées et se répètent alors qu’elles sont souvent obsolètes.</p>
<p>Pour reprendre l’exemple de l’accident, il n’est pas utile que de l’anxiété se produise lorsque l’on repasse sur les lieux, mais l’amygdale l’associe automatiquement.</p>
<p>Vous avez rougi à l’école et ressenti de la confusion en passant au tableau. A l’époque, l’amygdale avait jugé utile de provoquer cet afflux sanguin, approximativement dosé, la rapidité d’exécution l‘emportant sur la précision, afin de dynamiser votre cerveau. De nombreuses années plus tard, au moment où vous allez prendre la parole dans une réunion de travail, l’amygdale retrouve cette situation passée, l’associe au présent et à nouveau vous fait rougir, vous rend confus. L’adulte que vous êtes devenu sera surpris de cette réaction où il ne se reconnait pas.</p>
<p>En cas de thérapie, le thérapeute aura pour tâche de faire « déprogrammer » ces solutions répétitives et inadaptées.</p>
<h2>Quand le cerveau cognitif prend le dessus</h2>
<p>A l’inverse, il arrive parfois que le cerveau cognitif parvienne à réguler le flux des émotions avant qu’elles ne soient trop envahissantes. On peut parler dans ce cas d’harmonie interne. Situation idéale où nos actions sont en phase avec nos valeurs, où l’émotionnel donne la direction et le cognitif se charge de l’exécution. Goleman en fait la base de sa théorie sur l’ « intelligence émotionnelle ». Cependant un problème peut survenir : à trop museler son cerveau émotionnel, l’individu peut se trouver en déficit de sensibilité et risque de ne pas entendre les avertissements de l’inconscient. Un mariage raté, une profession mal supportée, par exemple, peuvent s’opposer aux valeurs les plus profondes d’un individu. Si le cognitif refuse de voir les choses en face et du fait que le corps est très lié au cerveau émotionnel, des problèmes physiques peuvent se produire : hypertension, infections à répétition, troubles du système digestif, problèmes de peau…</p>
<h2>Utilité de la distinction inconscient/émotionnel avec le conscient/cognitif</h2>
<p>Les pratiquants de l’hypnose connaissent bien cette distinction puisqu’un certain nombre de techniques leur permettent de « débrancher » le cerveau conscient au profit d’un contact direct avec l’inconscient, au sein de la transe hypnotique. Les hypnotiseurs ont élaboré un ensemble de gestes, un langage spécifique, des métaphores qui leur ouvrent un « dialogue » avec le cerveau émotionnel. Hommage doit être rendu à cet égard à Milton Erickson, le père de l’hypnose moderne, dont le génie a pu comprendre en son temps ce que les IRMf ou autres techniques (<a title="Wikipedia Pet Scan" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pet_scan" target="_blank">Pet Scan</a> , <a title="Wikipedia TEP" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tomographie_%C3%A0_%C3%A9mission_de_positons" target="_blank">TEP</a>) nous montrent aujourd’hui.</p>
<div class="pullquote-wrapper left">
<div class="pullquote prociono">Une médecine des émotions sans psychanalyse ni Prozac</div>
</div>
<p>Bien que médecin psychiatre, Servan-Schreiber fait déboucher sa théorie sur des pratiques hors médecine traditionnelle, avec comme credo « une médecine des émotions sans psychanalyse ni Prozac »…Il a beaucoup utilisé <a title="Wikipedia EMDR" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/EMDR" target="_blank">l’EMDR </a>dont il fut la figure de proue en France. Il a aussi pratiqué l’hypnose.</p>
<p>La sophrologie fait aussi appel à la distinction conscient/inconscient, dans la mesure où, par ses techniques de relaxation et le lâcher prise, elle permet l’accès à l’inconscient.</p>
<p>Nous l’avons vu, Goleman développe son concept d’intelligence émotionnelle à partir de la distinction entre émotionnel et cognitif. En miroir au QI, il crée le QE, quotient émotionnel, qui inclut la maîtrise de soi, la motivation, le respect d’autrui. Il en fait un instrument d’harmonie personnelle, d’éducation, de relations humaines et de management d’entreprise. La maîtrise du QE serait un meilleur atout dans la vie que le QI.</p>
<p>C’est aussi dans le domaine de la thérapie que la distinction prend tout son sens. Comment se débarrasser de ces comportements qui se répètent malgré nous, échappant à notre volonté, si ce n’est en pénétrant dans le cerveau émotionnel, en y recherchant la source du bogue et en proposant un nouvel apprentissage de comportement plus rationnel.</p>
<h2>En conclusion</h2>
<p>Ce que l’intuition avait apporté depuis longtemps à ceux qui s’intéressaient aux mystères du fonctionnement du cerveau se trouve aujourd’hui confirmé par les techniques d’imagerie médicale. Il existe bien un conscient et un inconscient, physiologiques, structurels.</p>
<p>La cohabitation n’est pas toujours aisée, du fait de la prééminence en ancienneté de l’inconscient et donc en moyens d’intervention qu’il s’est réservés. L’inconscient nous est indispensable pour gérer notre vie courante, mais il n’est guère mesuré, nuancé lorsqu’il veut nous protéger, d’où des réactions émotionnelles parfois mal dosées.</p>
<p>Mais au fond, l’inconscient est de bonne composition. Il ne s’opposera pas à ce que l’on aille, en sa compagnie, éliminer au fin fond de la mémoire les mauvais réglages et les routines obsolètes qu’il a mis en place, parfois très tôt dans la vie d’un individu. Et il acceptera même d’apporter son aide au changement sous la forme d’un processus mieux adapté.<br />
Les techniques modernes d’investigation permettent aujourd’hui de comprendre un grand nombre de processus électrochimiques qui sont à l’origine des phénomènes que nous avons décrits.</p>
<p>La part de merveilleux s’éloigne, la froide rigueur des expérimentations s’impose. On parle désormais en termes de psychobiologie et non plus de « gouttelette presque impalpable qui porte l’édifice du souvenir »…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.realites-hypnotiques.fr/conscient-inconscient/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
